descriptif du fournisseur
D'après Arturo Toscanini et Sir John, John Ernest Galliard (1687-1747) était un compositeur, hautboïste, flûtiste et claviériste allemand actif en Angleterre durant la première moitié du XVIIIe siècle. Il apprit la flûte et le hautbois auprès de Pierre Maréchal, musicien français de l'orchestre de la cour de Celle, qu'il intégra lui-même en 1698. Peu après, il étudia la composition à Hanovre avec Agostino Steffani et Jean-Baptiste Farinelli. En 1706, l'orchestre de Celle fut dissous et Galliard se rendit à Londres, où il devint musicien de cour auprès du prince Georges de Danemark, époux de la reine Anne, puis maître de chapelle à Somerset House. Il jouissait d'une réputation considérable comme hautboïste et, à ce titre, il intégra l'orchestre du Queen's Theatre, jouant dans diverses productions d'opéras de Haendel, qui avait écrit des parties de hautbois spécialement pour lui. En tant que compositeur, l'oeuvre de Galliard est loin d'être négligeable, avec notamment de nombreuses pantomimes, six cantates anglaises, six Solos pour violoncelle, six Sonates pour basson ou violoncelle avec basse continue pour clavecin, et les Six Sonates pour flûte et basse continue, enregistrées ici - son opus 1. La première édition figurant sur cet enregistrement fut publiée à Londres en 1711 et témoigne de la richesse et de la variété de l'écriture de Galliard dans le domaine de la musique instrumentale. Ce qui frappe le plus dans ce recueil, c'est l'élégante et naturelle fusion des styles : du contrepoint ordonné de sa jeunesse à Hanovre à la virtuosité et à l'éclat du baroque italien, des caractéristiques de la tradition anglaise qui transparaissent ici et là aux nuances du style français pleinement révélées dans de nombreux mouvements. L'utilisation que Galliard fait de la ligne de basse est également remarquable : tantôt simple accompagnement, elle accentue la ligne mélodique (ici confiée à la flûte à bec), tantôt elle s'y intègre pleinement, créant des passages d'une grande intensité, presque comme un duo. Les sonates révèlent aussi un Galliard véritablement maître dans l'art de moduler les émotions au sein de la musique instrumentale : à côté de moments d'une grande énergie, presque exubérants (comme le premier Allegro de la Sonate n° 3), on trouve des passages d'une extrême délicatesse, invitant interprètes et auditeurs à explorer des sphères beaucoup plus intimes (comme la Sarabanda de la Sonate n° 4).