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Cette étude analyse le contenu du Journal de Salonique entre 1895 et 1911. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques de ce périodique francophone, ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l’avenir de la communauté sépharade à laquelle ils appartiennent.
Ce livre est une monographie sur le Journal de Salonique, publié dans la ville, alors ottomane, dont il porte le nom, entre 1895 et 1911. Hélène Guillon met en lumière, au sein de la presse juive de l’époque, la spécificité de ce périodique sépharade en langue française publié par et pour l’élite bourgeoise et commerçante de la ville, ainsi que son rôle dans la société salonicienne alors en pleine transformation.
Le contexte de cette publication est en effet marqué par la modernisation de la société juive ottomane, mais aussi par les transformations politiques de l’Empire dans lequel elle s’inscrit. Face aux défis que représentent l’occidentalisation, le développement du sionisme et la montée des nationalismes dans les Balkans, le journal se fait à la fois miroir et acteur de la communauté en difficulté, proposant une redéfinition de l’identité juive, ottomane et salonicienne.
Cette étude analyse le contenu du journal pendant ses quinze années de publication. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques « mineures » du périodique (chroniques mondaines, feuilletons, publicités) ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l’avenir de leur communauté.