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Entre urgence écologique, attraction esthétique, engagement économique et valeur mémorielle, Géraldine Le Roux révèle comment des filets de pêche abandonnés en mer (ghost nets) mettent en branle des écosystèmes. L’émergence et la reconnaissance internationale de l’art des ghostnets sont au cœur de l’ouvrage. Des sculptures faites à partir de morceaux de filets, des paniers tressés en corde et des représentations ultra réalistes obtenues à l’aide de fibres cousues sont l’œuvre d’une centaine d’artistes autochtones et non-autochtones, d’Australie, d’Océanie, des Amériques et d’Europe. Les gestes artistiques empruntent autant au langage des vanniers qu’au monde de l’art contemporain. En restituant les processus de collecte sur la plage et la transformation des déchets marins dans les ateliers, la sélection et l’exposition des œuvres en galerie ou au musée, le livre questionne la place du plastique dans le monde à l’aune des savoirs locaux et des souverainetés autochtones. Le filet-fantôme, objet a priori déchu, est régénéré tant par les gestes écologiques et artistiques que par les mémoires qu’il entrouvre et les actions qu’il entrelace entre passé, présent et futur. « Géraldine Le Roux sillonne les océans et les îles avec un œil d’anthropologue engagée. Depuis sa thèse pionnière sur les artistes aborigènes et océaniens résidant dans les villes de la côte est australienne, elle n’a eu de cesse de contextualiser et de valoriser, par des articles scientifiques et l’organisation d’expositions, des œuvres peu connues. Dans cet ouvrage, elle inventorie des créations artistiques uniques et les croise avec des voix autochtones et des discours tenus par d’autres usagers de la mer, qui, tous, invitent à prendre soin des océans. » Barbara Glowczewski, directrice de recherche et médaille d’argent du CNRS.