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Assyriologue passionné, l’Abbé Sauveplane est à l’origine d’une des premières traductions françaises de l’Épopée de Gilgamesh. Son travail, d’une qualité académiquement inattaquable, nous permet de mieux appréhender ce mythe. En effet, il a offert aux lecteurs une version romancée qui est d’une beauté renversante, en complément de sa traduction littérale fine et précise, témoignage de son expertise sur ce sujet. Le texte présente également une analyse ainsi qu’une étude sur le caractère et l’âge du poème. L’Épopée de Gilgamesh confirme, comme vous le découvrirez, l’existence de plusieurs traditions du déluge en dehors de la tradition légendaire biblique. Considéré comme le plus ancien poème épique, ce conte mythologique nous relate les aventures d’un héros antique, roi légendaire confronté à la mort qui courageusement va chercher aux confins du monde le secret de l’immortalité.
D’abord transmis oralement pendant des décennies, avant d’être gravé pour la postérité dans des tablettes cunéiformes, ce récit d’une sagesse infinie n’en finit pas de fasciner ses lecteurs, car il comporte en lui toutes les grandes interrogations relatives à la condition humaine : la vie, la mort, la destinée, la gloire, la sagesse, le bonheur, l’amitié, la sexualité, le dépassement des limites humaines, etc.
Premier grand roman de l’humanité, souvent considéré comme la première grande œuvre littéraire, les aventures de Gilgamesh sont passionnantes tant elles nous rappellent notre vulnérabilité.
Extrait :
« Ceci est l’histoire de Gilgamesh, qui a vu l’abîme, qui a tout connu, qui a pénétré les mystères, qui apporta la nouvelle de ce qui s’est passé avant le déluge et, à la suite de ses lointaines pérégrinations, se laissa aller de fatigue...»
Gilgamesh, en effet, n’est pas uniquement, comme on pourrait le croire d’après un examen superficiel, le grand coureur d’aventures, l’auteur d’héroïques équipées, il est encore, par son côté mystérieux et profond, le chercheur fatidique, l’explorateur intrépide parti à la découverte de ces choses divines, le bien, le bonheur, la science et qui revient exténué, de ce long voyage à travers les pays inconnus. Gilgamesh est le prototype d’Hercule. Il est à la fois le dieu sauveur, le lutteur infatigable, le grand devin, découragé hélas ! par ses propres visions. Gilgamesh, c’est Apollon, c’est Achille doublé d’Ulysse, c’est déjà Faust.