L'erre
5,49€
  • Pagination : 76
  • EAN : 9782402424806
  • Protection numérique : Digital watermarking
  • Langue du livre : Français

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Première partie de ce nouveau recueil : des sortes de haï-ku concrets, visuels, serrés sur l’image — résumés d’états d’âme, aphorismes, courts spectacles de vie, simples, vrais, sensuels, malicieux ou très graves. C’est moderne et très réussi. Deuxième partie : en vers toujours mélodieux et rimés, le poète s’adonne aux regrets du temps écoulé ou aux brefs souvenirs d’un passé parfois si proche, à la plainte de la mémoire qui retrouve en soi les siens disparus (« Parents »). C’est une quête toujours poursuivie de la connaissance de soi, une souple et longue préparation à la mort, « l’Inconnue (qui nous) attend ». La sensualité est tamisée, l’amour apaisé du couple amoureux remarquablement dit et cadré (« Sur ton front »). Le poète sait que malgré la mort, notre seule « suprématie » sur l’univers est la conscience. Notons encore de beaux murmures de la mémoire (« Un vif désir de plage ») et l’art de décrire des choses vues, qui renoue un peu avec les réussites de la première partie. Troisième partie : le regard se fait panoramique, historique : la terre si fière dans le cosmos se salit en pollutions, l’Europe cuve toujours sa haine et son orgueil. Le poète en appelle à l’union de tous contre l’intolérance, évoque David. Voici la souple prière de la fraternité (« Ne me tuez pas »), celle des « Français juifs » (légitime revendication), l’éloge de l’esprit chrétien mais l’émoi devant l’acquiescement des pères de l’Église aux pogromes, un blason du corps de « L’Hydre », de remarquables odes aux martyrs de l’Holocauste (« Infortunés humains » et « Nous pensons parfois à vous » — ce « parfois » étant un reproche…) In fine, le poète reprend les sept derniers poèmes de son recueil Vingt-cinq poèmes contre le racisme, dont « Le camp », qui est un refus d’enterrer l’information sur l’horreur et une forte protestation : pourquoi Dieu n’a-t-il pas empêché la Shoa ? On y trouve aussi des pages d’un réquisitoire posé mais précis demandant « justice » aux Chrétiens des torts faits à la communauté juive. On sent là l’empreinte d’une peine et d’une révolte qui évitent pourtant tout vocabulaire d’outrage.
 
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