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UN 1ER ALBUM POP FOLK TOUT EN DOUCEUR
SOUS FORME D'AVENTURE AU FÉMININ PLURIEL
LE DUO FABIEN GUIDOLLET (FACTEURS CHEVAUX, VERONE) ET DELPHINE PASSANT
(VERONE) ACCOMPAGNÉ DE NAÏM AMOR ET ALEX VIUDES (NARROW TERENCE)
On entre dans l'univers de La Reine Garçon par un puits de lumière dans
lequel on croise une sorte d'appari;on qui délivre entre deux murmures un
message sibyllin et limpide à la fois : "Tu es la fille que je voulais être". Le ton
est donné, nous obligeant à lever le nez pour suivre les traces d'un couple en
apesanteur, dérivant dans des paysages ouverts sculptés par la mer, le vent et
les points d'interroga;on, omniprésents sur les neuf morceaux que compte ce
disque. Ce couple, c'est Fabien Guidollet et Delphine Passant qui
abandonnent le costume de Verone, reléguant défini;vement les figures
tutélaires des amants maudits pour nous proposer une nouvelle aventure au
féminin pluriel. Le chant principal et les choeurs se font l'écho d'une dualité
dont les contours s'amenuisent au fil d'un dialogue permanent entre guitares
acous;ques et harmonies vocales. Simplicité et sincérité sont les maîtresmots d'un enregistrement qui s'est effectué dans l'effervescence de la
créa;on, le plus souvent en prises directes, tout en caressant la promesse
d'une musique apaisante, servie par le son ample et généreux concocté par
Jean-BapLste Brunhes (Bertrand Belin, Facteurs Chevaux). Après plusieurs
années de recherches stylis;ques et d'expérimenta;ons souvent audacieuses,
les deux musiciens embrassent dans un même élan folk américaine, pop
anglaise, chanson française, tropicalisme brésilien et folklore méditerranéen
comme se le permeXaient Donovan, Angelo Branduardi ou Marie Laforêt à la
fin des années 60. La Reine Garçon revendique aussi une grande liberté dans
le format de ses chansons (de 1 à 5 minutes) et ne se soucie guère de
métronomie, préférant se faire accompagner par les percussions d'Alex
Viudes (repéré chez Narrow Terence, Erevan Tusk, Fredda...) pour suggérer le
relief d'un orage à venir ("Mon amour à la mer") ou le chaloupé d'une bossa
("Et si demain"). De pe;tes touches de glockenspiel, mandoline, piano,
harmonica, guitare électrique vintage complètent ces structures légères,
ourlées d'illusions sonores signées Naïm Amor et son violon polymorphe.
Autre point de rupture notable avec le passé : les textes ! Fabien abandonne
la formule du storytelling et joue ici la carte de la poésie naturaliste et de
l'introspec;on, ques;onnant avec délicatesse mais insistance son iden;té
profonde et notre rapport aux apparences ("Sous la neige"). Avec La Reine
Garçon, on assiste à une véritable transforma;on en bord de ciel aussi bien
humaine qu'ar;s;que. En remeXant en ques;on les genres et les cer;tudes,
Fabien et Delphine dessinent les contours d'un futur rendu vivable par la
possible rela;on fusionnelle entre nature et humain, dignité et innocence,
homme et femme.