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Sommes-nous prêts à nous laisser bousculer, à perdre nos repères, juste pour contempler, au moins l¿espace d¿un moment, un horizon élargi du droit ?
Jusqu'à aujourd'hui, le moins que l'on puisse dire, c'est que le droit souple était un objet juridique encore mal identifié, si tant est qu'on veuille bien le considérer comme un objet juridique justement. Mal identifié mais pourtant pas sans effet, sur la vie en société et sur les juristes, pour lesquels il est un véritable empêcheur de penser en rond, dans la répétition de présupposés tenus pour acquis. Il peut en effet nous déranger ou nous stimuler, c'est selon, car il vient questionner nos certitudes les mieux établies, nos évidences les plus fortes sur le Droit. Et s'il nous dérange, un premier réflexe est de le rejeter hors du droit, pour ne pas le laisser troubler l'image que nous en avons. Mais si l'on accepte de prendre le droit souple au sérieux, voilà qu'il nous emmène aux confins du Droit, bousculant au passage la sécurisante et binaire distinction entre droit et non-droit, et la conviction très majoritairement partagée, du moins chez les juristes de droit interne, qu'il n'y a de droit qu'obligatoire et contraignant. Sommes-nous prêts à nous laisser bousculer, à perdre nos repères, juste pour contempler, au moins l'espace d'un moment, un horizon élargi du droit ?