retirez en magasin sous 2h
magasin dès le lendemain
4 fois sans frais par carte bancaire
sous 30 jours
Dernières recherches
Vendu et expédié par : Cultura
État : Neuf
EN STOCK EN LIGNE
Livraison en magasin dès le 00/00/00
stock en magasin
Retrouvez le produit près de chez vous.
Coups de cœur Cultura
Tous les passeurs de culture peuvent partager leurs découvertes !
Tu as aimé ce produit ? Partage dès maintenant ton coup de coeur :
C' est une opération vertigineuse qui se joua, au mitan des années 1960, dans un hameau de l'Aubrac : la patrimonialisation de la salle commune d'une ferme du XIXe siècle conduite par les équipes de Georges Henri Rivière, pour le compte du CNRS et du Musée national des arts et traditions populaires. Il s'agissait de démonter et collecter, pièce à pièce, l'intégralité d'un intérieur domestique qu'habitaient encore deux vieux paysans, et tout son mobilier, pour les muséifier sous la forme d'une "unité écologique". Cette initiative engagea des ethnographes et leurs assistants (des dessinateurs, des photographes, un cinéaste, un menuisier). Le point de vue de chacun de ces protagonistes structure le livre et permet de saisir les enjeux de cette spoliation aux champs menée au nom d'un patrimoine d'intérêt national. En échange de leur héritage matériel et immatériel, les deux habitants furent gratifiés d'une réfection à l'identique, d'un peu d'argent, d'un téléviseur qu'ils n'avaient pas jusque-là et d'un carillon électrique à sonnerie Westminster. En 1980, Hervé Guibert, alors critique photo au Monde, découvrit fortuitement cet intérieur remonté à Paris, sous la verrière du Grand Palais, dans le cadre de l'Année du patrimoine. Sidéré, mais fasciné par ce spectacle incongru, il y vit l'allégorie du patrimoine dans une société que le nucléaire menaçait de vider de toute humanité, en produisant un trésor qu'il jugeait inévitablement orphelin.