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'Trouvée dans une décharge, la musique d 'un film érotico-hippie oublié révèle le parcours improbable de son auteur, Jean-Pierre Mirouze, entre ORTFet assassinat de JFK.' Libération Dans notre monde moderne, tout finit, ou finira à la décharge. Ou dans un musée. Il arrive parfois qu'avant de finir dans un musée, les objets passent par la décharge. C'est un peu le cas ici. Les titres qui figurent sur cette galette ont, à l'exception de deux d'entre eux( déjà sortis en 45T), failli rester pour de bon à la déchetterie.
Gravés en 1971 sur un acétate à quelques exemplaires, pour démarcher les maisons de disques, ces morceaux refont surface, miraculeusement retrouvés dans une décharge parisienne (Quai d'Issy)...
En 1971, Hervé Lamarre, qui vient de terminer le tournage en Suède du film « Le mariage collectif » songe à l'équipe de « Dim Dam Dom » pour réaliser la B.O. de son film. Ce film prétend faire l'apologie de la vie en communauté et de la liberté sexuelle, mais c'est en réalité un navet un peu confus dans lequel évocation de la Beat Generation, idéalisme hippie cheap et plans culs bien gentillets se télescopent, dans une oeuvre - il faut bien l'avouer - sans grand intérêt. Jean-Pierre Mirouze, parce qu'il est lié à « Dim Dam Dom » est censé apporter une touche branchouille au projet.
Pour honorer ce qui n'est donc qu'une commande et trouver les fonds nécessaires à sa réalisation, Jean-Pierre Mirouze se rend chez Bagatelle, éditeur parisien dont l'une des spécialités est la publication de musique de films.
Au cours du rendez-vous, il pianote la mélodie de Together. Ces quelques notes suffisent à convaincre l'éditeur de financer l'enregistrement de la B.O. Barry green est alors recruté, sur audition, pour interpréter le générique.
Les sessions sont expédiées en une semaine et Jean-Pierre bénéficie du soutien des meilleurs musiciens de l'époque comme Jean-Pierre Sabar, organiste de talent, qui sera pour beaucoup dans le succès futur du morceau Sexopolis.A l'issue de ces sessions, 9 morceaux voient le jour. Bagatelle se met alors en quête d'un label pour sortir la B.O.
Et pour pouvoir prospecter les maisons de disques, une poignée de test-pressing sont donc édités, sur de simples acétates. Les morceaux que vous pouvez entendre sur cet album proviennent d'un de ces acétates, retrouvé, donc, en juillet 2010 dans une décharge. Cela ne s'invente pas... Mais revenons au film. Il est mauvais, et le démarchage de Bagatelle s'avère laborieux. C'est finalement AZ qui accepte de sortir un 45T avec en Face A, le morceau « Together », présenté comme le « tube » du film, et en face B « Sexopolis », considéré comme un instrumental bouche-trou. La sortie du disque passe évidemment totalement inaperçue, avant que le single ne soit redécouvert au début des années 2000 - grâce, ironie du sort - au morceau « Sexopolis », et ne devienne le Graal que l'on sait pour les collectionneurs de musique de film du monde entier.
Évidemment, impossible de savoir comment l'un des acétates de 1971 a pu finir dans une décharge en 2010. Peu importe. Voilà enfin, trente ans plus tard, la B.O. intégrale du « Mariage Collectif » enfin disponible.