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Platon n’a pas écrit de dialogue dont le thème eût été le divin ou la divinité, comme il l’a fait pour la justice, la science ou l’amitié. Sans doute parce qu’il est plus difficile de parler avec certitude des dieux que des « affaires humaines », mais certainement aussi parce que, dans tous les dialogues, les dieux sont présents comme l’horizon de perfection que les hommes doivent chercher à rejoindre. Socrate ne reçoit-il pas un « signal divin » qui lui interdit parfois d’agir ? Le Phèdre n’affirme-t-il pas que les âmes humaines ont suivi le « cortège » d’un dieu ? Le Timée et le livre X des Lois, enfin, ne proposent-ils pas la première réflexion développée sur l’activité providentielle de la divinité ? Dès lors, les dieux traditionnels du panthéon homérique s’inscrivent dans l’ordre du monde aux côtés des astres qui sont les « nouvelles » divinités de Platon. Les dieux ont en commun avec les hommes de pouvoir contempler les Formes intelligibles. Ils ne sont donc pas le fondement ultime de la nature, mais comme son ornement le plus achevé. Car les dieux ont un corps et une existence déterminée, sans connaître la neutralité impersonnelle des Formes, et de la plus célèbre d’entre elles, la Forme du Bien. C’est sur ce polythéisme, avec lequel, sans cesse, l’anthropologie de Platon est en dialogue, que le colloque de janvier 2002 à l’Université de Caen Basse-Normandie a porté.