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Pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes dans les postes de responsabilité, un décret de juillet 2011 contraint les grandes entreprises à nommer au moins 30% de femmes dans leurs conseils d'administration : ceux-ci n'en comptent alors que 7%. Quelques mois plus tard, la loi Sauvadet promeut le même objectif pour les cadres dirigeant.e.s de la fonction publique : on dénombre alors 10% de préfètes et ambassadeures ou encore 5% des procureures générales. Le moins que l'on puisse dire est que l'Etat ne donne pas l'exemple. Pas plus d'ailleurs que le ministère du Travail et des Affaires sociales : à l'inspection du Travail - chargée de faire appliquer les lois protégeant les salarié.e.s - on ne recense alors qu'une seule directrice régionale, soit 5% du corps, et aucune inspectrice générale.
Mais comment en sommes-nous arrivé.e.s là ?
L'histoire de la place des femmes à l'inspection du Travail permet de comprendre comment, sur le long terme, les professions ont été organisées en y distinguant des tâches masculines et des tâches féminines. Autrement dit, comment se sont articulées des hiérarchies genrées où, toujours, le masculin est supérieur au féminin, où, très longtemps, il a semblé impossible qu'une femme domine des hommes en les dirigeant. Les femmes actives reviennent de loin, tant il est vrai qu'une femme en plus, c'est bien un homme en moins.