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Avec Les Primitives, Padam nous livre un
album festif, alerte, vivant, fourmillant de
trouvailles, de rimes et de fulgurances
rythmiques déboulant sans crier gare.
On les avait quittés il y a cinq ans sur le titre « Nadine » qui
depuis a fait le tour du monde. PADAM revient cette année
avec l'album le plus enlevé et rafraichissant de sa carrière.
Trois ans de préparation, une nouvelle équipe, et des
invités comme s'il en pleuvait. Entourés de complices des
débuts et de vieux baroudeurs de la chanson, Nader, à la
tête du projet, nous promet des scènes survoltées tant le
cocktail qu'il propose, entre Afrique et Orient sur seine est
généreux et revigorant. Les textes ne sont pas en reste,
truculents, empreint de poésie et de cette liberté de ton qui
a fait leur marque de fabrique.
Avec Les Primitives, Padam continue de donner à la chanson
dite néoréaliste des allures conviviales d'auberge espagnole. A
l'exception près et majeure qu'il bouscule le carcan dans lequel
il avait fini quelque peu par s'enfermer. Une manière d'éviter le
surplace et l'écueil de la redite.
S'il n'a pas son pareil pour mélanger les genres, Nader élargit le
spectre en injectant de petites touches électroniques sur
ordinateur sans jamais tomber du mauvais côté. Une
cohabitation probante et généreuse avec une musique du
monde ouverte à tous les vents. C'est un album festif, alerte,
vivant, fourmillant de trouvailles, de rimes et de fulgurances
rythmiques déboulant sans crier gare. Un morceau de Padam,
c'est plusieurs idées jetées dans une valise, avant la fuite.
Armé de sa poésie urbaine décomplexée, Nader brouille cette
fois-ci davantage les pistes. Des textes aux contours plus
flous et qui laissent libre cours à l'imaginaire de l'auditeur. «
Mon écriture est moins réaliste et appuyée qu'avant. J'avais
envie que les gens y mettent ce qu'ils veulent. Par exemple, j'ai
posté la chanson Mémère sur Facebook et chacun la
comprenait de façon différente. Je trouve cela assez jubilatoire
». Ce qui n'empêche qu'on retrouve son goût exquis du
paradoxe où se mêlent tendresse, ironie et désinvolture pour
croquer des personnages aux actions et destinées ambiguës.
Padam dévore la musique. Et ici, ce n'est que le hors d'oeuvre.
Inutile évidemment de rappeler que, sur scène, son
enthousiasme contagieux, sa fougue et sa générosité
connaissent peu d'équivalent. On pourrait appeler ça une
leçon de partage.