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En organisant un colloque à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'Institut international Lumen Vitae, sur le thème « à société plurielle, transmission nouvelle », nous sommes renvoyés à l'origine même de l'institut, puisque, en quelque sorte, tout commença par un colloque. La première année internationale Lumen Vitae, en 1957-1958, qui deviendra un peu plus tard l'Institut international, était en effet le fruit d'un congrès catéchétique tenu à Anvers, en 1956, sur le thème « Une catéchèse pour notre temps ». Ce congrès avait pour but d'exploiter les progrès méthodologiques de la catéchèse au profit des enfants et des adultes. Il rencontra un réel succès, dépassant largement les frontières de la Belgique. C'est dans sa foulée que le Père Delcuve et son équipe eurent l'intuition de créer un institut à rayonnement international, destiné à assurer la formation en un même lieu de responsables en catéchèse et en pastorale provenant des cinq continents.
Depuis lors, plusieurs milliers de prêtres, laïcs, religieux et religieuses ont franchi les portes de Lumen Vitae, pour bénéficier d'une formation qui n'a cessé d'évoluer, en réponse aux appels de l'Esprit, sans renier pour autant l'intuition originelle. D'une manière ou d'une autre, il s'est toujours agi de promouvoir une évangélisation qui respecte la singularité du message révélé tout en rejoignant les hommes et les femmes de notre temps dans leurs attentes et leurs préoccupations. &Ecir;tre à l'écoute de leurs aspirations et de leurs questions, les relire à la lumière du message évangélique pour y reconnaître d'authentiques signes des temps et favoriser l'émergence d'une pastorale et d'une catéchèse qui rejoigne ce questionnement, tel est le fil rouge suivi par l'Institut au cours de ces cinquante années. Ce souci s'est traduit de multiples manières. C'est ainsi que, tout en gardant son axe catéchétique et pastoral fondamental, l'Institut s'est rapidement préoccupé de la promotion de la justice e t du développement de l'humain dans toutes ses dimensions. à une certaine époque, il a joué un rôle important dans le renouveau de la vie religieuse. Plus récemment, il s'est attaché à promouvoir l'inculturation du message évangélique et le dialogue interreligieux. La réflexion actuelle autour de la catéchèse de cheminement et de la pastorale d'engendrement traduisent également notre souci de reprendre toujours à neuf des questions aussi anciennes que le message évangélique lui-même.
Par fidélité à cette tradition scientifique d'études et de recherche, nous avons voulu tirer parti de cet anniversaire pour vivre un temps fort de réflexion et d'échanges à propos d'une question qui se pose avec une acuité particulière dans notre église d'Occident aujourd'hui. Nous vivons dans une société caractérisée par une diversification certaine, voire un véritable éclatement du croire. Cette situation, nous sommes invités à la considérer comme un défi plutôt qu'une fatalité. Dans leur lettre Proposer la foi dans la société actuelle, les évêques français invitent les catholiques à accepter sans hésiter de se situer dans le contexte culturel et institutionnel d'aujourd'hui, marqué notamment par l'émergence de l'individualisme et de la laïcité. Récemment, les évêques belges ont tenu des propos semblables, lorsqu'ils demandent aux chrétiens de respecter la société dans sa diversité, sans chercher ni à dominer ni à relativiser leur propre foi.
Accueillir le pluralisme contemporain comme un défi, cela suppose notamment de s'interroger sur ce qu'on appelle traditionnellement la transmission de la foi. Cette expression est sujette à discussion, mais, derrière les mots, c'est une question capitale qui nous est posée : comment nous situer dans la société plurielle qui est la nôtre aujourd'hui, en conciliant à la fois le respect de la liberté et du chemin propre à chacun et la mission qui nous est confiée comme baptisés de témoigner, voire d'annoncer la Bonne Nouvelle évangélique ? Cette question, qui se pose à tout chrétien, retentit particulièrement dans le champ de la catéchèse et de la pastorale.
Fidèles à l'esprit de la théologie pratique, nous avons voulu commencer ce colloque en portant un regard sur notre société telle qu'elle est, en essayant de mieux connaître et comprendre le comportement et les convictions de nos contemporains en matière religieuse, particulièrement en ce qui concerne la transmission de la foi. En collaboration avec les journaux Dimanche et la Libre Belgique, ainsi qu'avec la RTBF et l'UCL, nous avons mené une enquête sur le terrain belge francophone, un baromètre du religieux 2008. La première partie du colloque mettra en évidence les principaux enseignements à tirer de ce baromètre.
À ; la lumière de cette analyse, nous procéderons à une relecture théologique de cette situation, dans le domaine pastoral d'abord, dans celui de la catéchèse ensuite. Notre souhait le plus cher est qu'au travers de nos échanges et de nos réflexions, des pistes