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« Resurrection » (1894) est une oeuvre gigantesque aux proportions énormes, aux contrastes extrêmes et à une partition qui surpasse même sa première symphonie de deux ans plus tôt. Dix cors, huit trompettes, deux harpes, un orgue, cinq percussionnistes, deux solistes vocaux (soprano et alto), ainsi qu'un grand choeur mixte, remplissent le podium. Et derrière tout cela, invisible, se cache un « Fernorchester » (orchestre lointain) comme symbole de « la résurrection ». L'oeuvre dure environ 80 à 85 minutes, soit deux fois plus que la Quatrième de Brahms ou les symphonies de Franck et d'Indy de la même période. Et par rapport à une symphonie de Haydn ou de Mozart, il y a un triplement de taille. Seul Bruckner l'aborde dans le domaine de la longueur avec ses cinquième et huitième, chacun d'une durée d'environ 75 minutes. Mais ensuite, Mahler, dans cette symphonie, traite des thèmes de la vie, de la mort et de la résurrection, et il a pris tout l'espace dont il avait besoin. Il existe un contraste étrangement net entre la tonalité sereine de l'ut majeur et le contenu sombre et turbulent de l'oeuvre. Il a été suggéré que le thème de la vie, de la mort et de la résurrection était porté par Mahler à l'occasion des funérailles du grand chef d'orchestre Hans von Bülow en 1894. En tout cas, les paroles de Klopstock qui ont été lues à cette occasion sont les mêmes que Mahler utilisa cette année-là pour l'apothéose (dernier mouvement) de sa Deuxième Symphonie : « Aufersteh'n, ja aufersteh'n wirst du, mein Staub, nach kurzer Ruh unsterblich Leben wird der dich rief gegeben. (Tu te lèveras, oui, lève-toi, ma poussière, après un bref sommeil, tu seras appelée à la vie immortelle). Et Mahler a élargi le texte avec ses propres mots : « O glaube, mein Herz. Es geht dir nichts verloren. Dein ist était du gesehnt. Dein, was du geliebt, was du gestritten. O glaube : Du wardst nicht umsonst geboren. Hast nicht umsonst gelebt, gelitten. (O ayez la foi, mon coeur. Rien ne sera perdu pour toi. Ce que tu as désiré est à toi. Ton reste, ce que tu as aimé, ce pour quoi tu as combattu. O aie la foi : tu n'es pas né pour rien. Tu as pas souffert en vain.) ---A partir des notes de pochette (Clemns Romijn) ---.