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En octobre 2024, l'Orchestre National de France sous la direction de son directeur musical Cristian Macelaru s'immergeait dans l'une des grandes épopées symphoniques de Gustav Mahler (1860-1911), l'extraordinaire résurrection. Un voyage d'une grande sérénité ici, aux couleurs merveilleusement pastorales.
Lors de deux soirées, les 24 et 25 octobre 2024, le directeur musical de l'Orchestre National de France, CRISTIAN MÃCELARU, s'immergeait dans l'une des grandes épopées symphoniques inventées par GUSTAV MAHLER au cours des années 1890, l'extraordinaire et si folle Résurrection. Quasiment un baptême du feu ! Relativement discret jusqu'à maintenant dans les oeuvres orchestrales du compositeur autrichien, le chef roumain reprend ici la partition que le légendaire LEONARD BERNSTEIN avait dirigée pour son premier grand triomphe parisien le 13 novembre 1958, déjà avec l'Orchestre National.
Plus de soixante-dix ans plus tard, MACELARU propose une vision en tous points opposée, privilégiant au geste grandiose et solennel de son illustre prédécesseur, un ton chambriste, délicat et pastoral. Les textures sont incroyablement légères : les cordes magnifiques de
transparence répondent à des bois pleins de verdeur, qui soulignent discrètement les racines d'un compositeur né non loin de Prague, et si friand de sonorités nouvelles et d'alliages surprenants. Sous la direction du Roumain, rejoint ici par le soprano lumineux d'HANNA- ELISABETH MÜLLER et le mezzo ocre de KAREN CARGILL, le parcours sensoriel de la Résurrection devient un voyage d'une grande sérénité, la construction de l'oeuvre est toujours naturelle et souple, la symphonie trouve sans heurts son unité malgré la si belle diversité des paysages qui la composent.
C'est en 1888 que MAHLER forge un mouvement symphonique intitulé Todtenfeier dans lequel il brosse, du haut d'un promontoire escarpé, la vie entière du héros de sa première Symphonie, LA TITAN. Légèrement remanié, ce vaste portrait en forme de cérémonie funèbre deviendra l'Allegro maestoso introductif de sa seconde symphonie, qu'il pourvoit
rapidement de trois autres mouvements. L'un en forme de ländler, chatoyant, faussement aimable, aux motifs entrelacés. L'autre, fondé sur la mélodie du lied Des Antonius von Padua Fischpredigt (Des Knaben Wunderhorn, No. 6), s'apparente à un intermezzo en forme de
scherzo, purement instrumental. Pour le quatrième mouvement, URLICHT, le compositeur reprend un autre lied du recueil Des Knaben Wunderhorn, il y conserve la voix, et en modifie parfois l'orchestration et les progressions harmoniques.
Longtemps MAHLER cherche l'inspiration pour son Finale, avant de la trouver en entendant un choeur chanter un hymne sur des paroles du poète KLOPSTOCK, lors des obsèques du grand chef d'orchestre HANS VON BÜLOW. MAHLER décide alors de conclure son oeuvre
par un hymne à la résurrection ; il utilisera les mêmes paroles de KLOPSTOCK, qu'il complètera de quelques vers de son cru.
Ainsi, la DEUXIÈME SYMPHONIE DE MAHLER commence par une méditation sur la mort ; la musique parcourt ensuite la vie terrestre, sa douceur autant que ses sarcasmes, avant de crier sa foi en la résurrection, l'unique sujet du Finale, en la conclusion duquel voix et
instruments se rassembleront dans un geste quasi réconciliateur.