descriptif du fournisseur
Je suis un poète en exil, et l'exil bien souvent m'a emporté dans des
contrées de poésie insoupçonnables... Avec, toujours, une parole
universelle, sensible, contradictoire, intuitive, instinctive, le témoignage
d'une résistance, d'une contestation. La défense d'une patrie poétique et
intérieure.
Aujourd'hui, plus que jamais, mon chant de tragédien, enraciné en terre de
France, se doit de répondre à l'immense souffrance des quatre grands pays
de l'Europe du Sud (la Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie) qui ont nourri
nos récits depuis la nuit des temps. Terres dévastées par l'inconscience et
la connerie abusive des pouvoirs inhumains, Europe devenue barbare qui
joue de ses tambours de guerre financière et économique sur nos
carcasses ravagées, démence qui occulte et anéantit l'essentiel.
Mon pays s'effondre, mes pays s'effondrent, mais c'est debout, et digne,
que le poète riposte, alerte, panse les blessures. C'est debout, et digne,
qu'il tisse des liens d'espoir, trace des chemins et des carrefours qui nous
embrassent, nous emportent et nous ancrent... Sans manger à la table
agonique des grands de ce nouveau monde européen.
Et comme Brassens, j'assume ma mauvaise réputation. Celle de n'être
qu'humble inventeur de petits grains de sable.
Antonio Placer