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Trois Suites orchestrales de Bach totalement inédites, en réalité élaborées par le claveciniste - et directeur du Concerto Italiano - Rinaldo Alessandrini, à partir de mouvements issus de diverses suites pour clavecin, dont la célèbre Ouverture à la française (BWV 831) en son intégralité. Un album de pur divertissement, absolument revigorant.
Jamais deux sans trois. Il y eut jadis le Concerto dans le goût italien, BWV 971, reconfiguré selon la disposition alors récente prônée par l'Italie du début du XVIIIe siècle (anthologie « Concerti italiani », 2004, OP30301). Plus récemment, des Variations Goldberg, réimaginées pour quelques cordes, couronnaient une apothéose quasi fantasque au pays de la variation (« Variations on Variations », OP30575). Voici maintenant trois Suites orchestrales de Bach totalement inédites, nouveau jeu de dupes organisé non sans malice par Rinaldo Alessandrini, une nouvelle fois entouré de ses chers amis du Concerto Italiano.
Guidé en partie par le pragmatisme, Bach se livrait régulièrement à la transcription et à la réutilisation de morceaux antérieurs, ses nombreuses responsabilités leipzigoises l'obligeant dans les années 1720 et 1730 à puiser dans l'ancien pour imaginer du nouveau ; il procédait alors à de profonds remaniements qui se fixaient au fil d'un immense travail de réécriture. Dans ses adaptations aussi séduisantes qu'élégantes, Rinaldo Alessandrini déduit de la musique de Bach, si propice elle-même à suggérer des combinaisons contrapuntiques restées bien secrètes, des motifs mélodiques complètement nouveaux.
Dans l'Ouverture à la française (Clavier-Übung II), en soi une transcription imaginaire pour clavecin d'un ou plusieurs originaux avec orchestre, structurée quasiment à l'identique des quatre Ouvertures pour orchestre BWV 1066-1069 où un grand mouvement introductif lento-allegro-lento précède une suite de danses sans Allemande, le chef romain reprend la disposition instrumentale de l'Ouverture BWV 1066, en ut majeur, pour deux hautbois, basson, cordes et basse continue. À cette première transcription, Alessandrini joint ensuite deux Ouvertures plus brèves qu'il aura élaborées à partir de mouvements extraits de diverses suites (BWV 815, 816, 817, 820, 825, 828, 1069), l'une pour traverso et cordes et l'autre pour les seules cordes.
Ce programme, pensé comme un divertissement, devenu par le jeu énergique et sensible des musiciens du Concerto Italiano parfaitement revigorant, fera du bien à vos oreilles. Oeuvres originales, transcriptions ou arrangements, de l'époque du Cantor ou plus tardifs, réalisés par Bach ou d'autres : peu importe. Tous les chemins mènent à Bach ; à son essence.