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Dans ce soixante-douzième volume de l'Edition Vivaldi, les excellents musiciens du Coro e Orchestra Ghislieri, dirigés par Giulio Prandi, défendent cinq oeuvres sacrées du Prêtre Roux dans des interprétations sobres et lumineuses. Aux côtés de deux chefs-d'oeuvre incomparables (Dixit Dominus RV 807 et Magnificat RV 611), trois autres motets à redécouvrir dont l'étonnant Vos invito, barbarae faces avec contralto solo.
Depuis ses débuts en 2001, l'Edition Vivaldi explore la fantastique diversité de l'oeuvre du Prêtre Roux. Présenté par le Coro e Orchestra Ghislieri de Giulio Prandi, ce soixante-douzième volume aborde les si ravissants rivages de la musique sacrée. Deux oeuvres exceptionnelles, le Dixit Dominus, RV 807 et le Magnificat, RV 611, encadrent ici de très rares motets comme Sanctorum meritis, RV 620 et Vos invito, barbarae faces, RV 811.
Conservé à la Bibliothèque d'État de Saxe, le Dixit Dominus appartenait à un lot commandé à un éditeur vénitien au milieu des années 1750 par la cour saxonne qui, menacée par l'armée prussienne, avait dû fuir Dresde pour Varsovie. Illustrant le texte très imagé du Dixit Dominus, Vivaldi privilégie une esthétique tout en figuralismes, vivants et étincelants. Des paires de doubles-croches répétées dépeindront par exemple le doux clapotis d'un ruisseau (De torrente in via bibet) quand l'impressionnante fugue finale incarnera en majesté la communion chrétienne.
Forgé lui aussi dans un contrepoint ingénieux et feutré, le second motet de ce programme, Confitebor tibi, Domine, présente trois voix solistes, chose rare chez Vivaldi. Hymne issu de la liturgie des martyrs, Sanctorum meritis, RV 620 introduit ensuite Vos invito, barbarae faces dont le texte enjoint le croyant à lutter contre les forces du mal. Ce programme propose enfin l'ultime version du Magnificat en sol mineur (RV 611) dans laquelle le Prêtre Roux dédiait spécifiquement à quelques chanteuses de l'Ospedale della Pietà certaines sections, dès lors radicalement transformées depuis la première mouture des années 1710. Résultat : un peu moins de parties d'ensemble, davantage d'arias pour les solistes. Quasiment un avant-goût du Classicisme.
Fidèle à sa quête de netteté comme de félicité qu'avaient mis en exergue d'émouvants enregistrements consacrés à Jommelli et Rossini, Giulio Prandi, pour cette première collaboration avec le label naïve, glorifie la sobriété lumineuse quasiment aristocratique de Vivaldi. Inattendu et vivifiant.
Carlotta Colombo soprano
Margherita Maria Sala mezzo-soprano
Valerio Contaldo ténor
Alessandro Ravasio basse
Marta Redaelli, soprano II
Massimo Lombardi ténor II
Coro e Orchestra Ghislieri
Giulio Prandi direction