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La Russie a vu naître certains des écrivains, philosophes et dirigeants les plus importants de l'histoire. Aux XIXe et XXe siècles, Tolstoï, Dostoïevski, Lénine, Tchekhov et Berdiaev, pour n'en citer que quelques-uns, ont défendu des idées novatrices sur l'art, la morale et la psyché humaine. Durant cette période, l'Église orthodoxe a assoupli son emprise sur la société et la musique profane est devenue plus tolérée. La culture musicale a ainsi connu un essor remarquable, les compositeurs puisant dans les traditions folkloriques russes et classiques européennes pour créer des oeuvres uniques. Ce coffret célèbre la créativité nationale à travers une sélection des plus belles pièces de musique de chambre de cet âge d'or. Il s'ouvre sur Mikhaïl Glinka (1804-1857), considéré comme un géant de la musique russe, dont l'influence s'est fait sentir pendant des générations de compositeurs. Vient ensuite Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), sans doute le compositeur le plus célèbre, qui reçoit ici toute sa reconnaissance. Bien que ses ballets soient ses oeuvres les plus célèbres, ce disque met en lumière certaines de ses compositions de chambre moins connues, comme le Quatuor en si bémol majeur, resté inachevé. Datant de 1865, ce mouvement est le seul vestige de la première tentative du compositeur de composer un quatuor à cordes. Le thème principal s'inspire d'une chanson folklorique ukrainienne entendue par Tchaïkovski auprès d'un jardinier à Kamenka (il reprendra ce même thème dans le Scherzo à la russe). Ce même disque comprend également le Quatuor à cordes n° 2 en fa majeur, op. 22, que Tchaïkovski considérait comme son chef-d'oeuvre. Aux côtés des grands noms tels que Tchaïkovski, Chostakovitch, Borodine, Prokofiev et Rachmaninov, ce disque attire notre attention sur les joyaux méconnus du répertoire de chambre russe. Nikolaï Roslavets (1881-1944), par exemple, est un pionnier du modernisme, trop souvent oublié, et victime de la censure. Loué comme le « Schoenberg russe » par Nikolaï Miaskovski, il expérimenta l'atonalité et chercha à réorganiser la gamme dodécaphonique, ainsi que la forme et le rythme. Les Soviétiques, cependant, furent moins enthousiastes et sa musique fut officiellement réprimée à partir de 1930. Pour échapper aux autorités, le compositeur alla jusqu'à falsifier trois versions différentes de son autobiographie. Après sa mort, ses manuscrits furent confisqués et son nom rayé des dictionnaires de littérature et de musique soviétiques. La redécouverte de sa musique n'eut lieu que dans la seconde moitié du XXe siècle. Ce disque est une pièce de collection pour les mélomanes de l'époque romantique désireux d'enrichir leur collection, ou pour quiconque souhaite s'initier à la musique de chambre russe sans savoir par où commencer. Le genre de la musique de chambre russe est intimiste et riche, et pourtant, la musique ici présente la force émotionnelle d'une symphonie.