N'oublie pas de regarder le ciel

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Ce livre est le premier roman de Vladimir Galpérine. Et d’emblée un coup de maître. Un ton âpre et drôle à la fois, qui vous prend d’un bout à l’autre du roman. Toute la société d’aujourd’hui est là, avec ses angoisses, ses faiblesses, ses illusions. Le rap, la drogue, le chômage. L’omniprésence des médias, les rumeurs délirantes, le fascisme rampant. Une ambiance d’avant-guerre.


Tout est là, et pourtant c’est un pur roman, une jouissance de lecture. Portée par une langue spontanée, vive et forte, emportée par un puissant vent d’ironie et d’extravagance. Des lieux, des voix, des personnages, pour lesquels on se sent pris d’une immense tendresse. Mais aussi de savoureux morceaux de bravoure comme le voyage à Saint-Malo, la rencontre avec le voisin de palier Moussa ou le grand meeting de Zemmour au Trocadéro avec des personnes « bien habillées, belles comme un compte en banque rempli. Il y a même des familles, des poussettes, simples et doubles, des cris d’enfants, des micro-chiens peignés pour l’occasion ». Terrible et hilarant.


Que faire face à tout cela ? Avant tout, garder sa lucidité, ne pas se laisser dévorer : « Vous faites quoi, vous, quand personne regarde ? C'est rare, je sais. Mais quand personne regarde, c’est bon. Libre arbitre ! Solitude et vérité ! Tout nu avec ses chips ! » La première phrase du roman explique son titre étrange et marquant :  «“N’oublie pas de regarder le ciel.” C’est ce qu’elle m’a dit avant d’y aller… déjà trois fois qu’on faisait son extrême-onction, le truc de superstitieux, là… elle y croyait dur. Moi ? Prudent comme d’habitude, craintif… Mon frère regardait son portable, peut-être qu’il jouait… »

 
N'oublie pas de regarder le ciel

N'oublie pas de regarder le ciel

Vladimir Galpérine

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