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Naissance du Sauveur pour la chrétienté, re-naissance de la lumière pour l'humanité, l'avènement a suscité depuis plus de deux millénaires la naissance d'oeuvres d'art figuralisant ou relatant l'épopée sacrée. La musique, qui s'est toujours jointe à la fête, ne fut pas de reste pour évoquer tantôt le « choeur des anges glorifiant le Seigneur », tantôt le « concert pastoral » des bergers, « accourus en hâte » et offrant leur présence émerveillée devant la crèche, toujours selon Saint Luc. Les Rois Mages, « venus de l'Orient », se devaient d'offrir « l'or, la myrrhe et l'encens » ; dans l'imaginaire des peuples auxquels parvint leur témoignage, les bergers offrirent pour le moins un agnelet... à « l'Agneau de Dieu, qui du monde enlève le pêché ». Présente à la cour des rois, la musique, présent immatériel que peut offrir même l'indigent, se devait donc d'égayer... ou de bercer l'enfant-roi. À l'aube du XVIIème siècle, les artistes et compositeurs du stile nuovo avaient déjà connu une Renaissance insufflée par leurs ancêtres, qui libéra la représentation de la Nativité des canons esthétiques et théologiques, donnant son doux visage de Madonna à la Vierge Marie, mère d'un adorable bambino bien portant du nom de Jésus... Facétieux comme tout bambin, il pouvait bien jouer avec l'archet de l'ange musicien venu le célébrer ! Pourtant, c'est en ce Primo Seicento (début XVIIème) que le stile rappresentativo (issu de la commedia du même nom) vit éclore une narration musicale plus humaine du divin enfant, issue du vécu, voire du quotidien ; elle s'inscrivit dans la lignée des « fondements de la vérité » du compositeur moderne, brandis par Claudio Monteverdi dans sa préface du 5ème livre de madrigaux (Venise, 1605).