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À l'instar de Virgil Fox avant lui, Jean-Baptiste Robin s'est donné pour mission de populariser l'orgue en interprétant des oeuvres déjà connues sous d'autres formes. Le virtuose français possède déjà une discographie remarquable, composée de ses propres compositions et d'oeuvres d'autres compositeurs. Son premier album, « Symphonic Organ » (94726), paru chez Brilliant Classics et salué par la critique, met en vedette le magnifique orgue E.M. Skinner, aujourd'hui conservé au Cincinnati Museum Center de la gare Union Terminal de Cincinnati, dans l'Ohio. Pour son dernier album, Robin s'est rendu à Los Angeles afin de jouer sur l'orgue Rosales, instrument aux sonorités kaléidoscopiques installé en 2004 au Walt Disney Concert Hall. Cet orgue a déjà figuré sur des enregistrements de la Troisième Symphonie de Saint-Saëns, et ses anches et ses mélanges se prêtent parfaitement aux sonorités du répertoire romantique français. Et dans une salle parrainée par Disney, pourquoi ne pas raconter des histoires magiques ? Robin a imaginé un conte de fées pour orgue, débutant par une improvisation sur la Marche du Casse-Noisette de Tchaïkovski. Des nuages s'amoncellent sur la sombre passacaille qui ouvre la Suite en trois mouvements op. 5 de Duruflé (dédiée à Dukas, l'auteur de L'Apprenti sorcier), mais ils se dissipent dans la Sicilienne mélodieuse, et le soleil brille de mille feux sur la Toccata finale, véritable virtuose de l'orgue. Suivent le rêveur Clair de lune, dont l'atmosphère douce et soutenue se prête admirablement aux registrations sensibles de l'orgue, et le Prélude « Goutte d'eau » de Chopin. Avant sa propre et puissante réflexion, Les Mains du Temps, Robin interprète sa transcription de la Suite de Ma Mère l'Oye de Ravel. Inspiré par l'orchestration du ballet par le compositeur, il met l'accent sur les instruments à anche solistes (clarinette, cor anglais, cromorne, hautbois), ainsi que sur le livret expressif d'une grande finesse.