Pleurs d'anges dans la voie lactée

Pleurs d'anges dans la voie lactée
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descriptif du fournisseur
Le fleuve de la poésie semblait charrier le limon de la gloire d’un grand poème écrit sur l’eau où se miraient les cieux ! Une divine comédie dans la main d’un poète qui se tenait au timon du vaisseau de l’amour et voguait impavide vers les eaux de la Mer qui nous aura vu naître et nous verra mourir. J’étais sur le Pont de la Grâce et mon cœur se serrait : Y avait-il un ange pour tenir la main de l’enfant marqué au fer rouge du destin, la main du sang innocent qui me hélait ? Et le crime lui-même semoncé par la crue de son déluge de feu oublieux de toute raison allait-il se laver dans les flots de ce fleuve où affluaient des torrents de larmes ? Tout le ciel du Moyen Orient était embrasé ! Seul l’ange de la justice maintenait le fléau de la balance dont l’aiguille s’affolait comme la flamme d’une bougie tremblante dans le vent ténébreux de l’Histoire mais ce fléau reposait sur un seul point, car il était le point d’or inamovible de « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles » comme l’avait alors écrit Dante à la fin de la Divine Comédie. J’étais sur le Pont de la Grâce à Florence et j’ai crû voir au loin sous les ponts où coulaient les eaux de l’ Arno contemplées jadis par le regard de Dante, l’arche manquante de la création, évoquée par   René Char, l’arche absente sous le pont Bénézet en Avignon ! Et le poète saluait l’avenir qui passait inconnu sur les eaux du fleuve de la poésie. Aux lises du silence où chantaient les eaux vertes de l’Arno, sur les bords de l’Elysée lisaient, me semblait-il, les Muses de l’Hélicon, un poème liséré d’or soufflé par les vivants et les morts et trempé à l’encre  d’un autre monde bercé de chants, d’hymnes et d’éloges que ne connaît pas le temps des horloges. Or accoudés sur ce pont dont je n’ai pas gardé mémoire, devisaient Dante et René Char. Et Saint-John Perse voguait vers eux qui lui souriaient d’un sourire nimbé de leur aura en gloire !
 
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Georges De Rivas

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