René char - là où brûle la poésie

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Soucieux de préserver le secret de sa vie privée, appréciant les écrivains (Mallarmé, Gracq) qui, comme lui, se sont tenus éloignés des sphères publiques, René Char a toujours préféré être connu pour sa poésie et à travers elle, au point de souvent rêver être un artiste anonyme; car la gloire « dessèche notre modestie, lamine notre vigilance » écrivait-il en 1952. Pourtant, le mystère de sa vie peu à peu se dissipe depuis sa mort en 1988 et l'homme se révèle à ceux qui ne l'ont pas connu, un homme à la mesure de son oeuvre. Dès son enfance, l'incompréhension d'une mère et la mort d'un père bien aimé le conduisent à rechercher auprès de la Sorgue et de son microcosme, des êtres capables de lui faire découvrir la richesse du monde; temps qu'il n'oubliera jamais et qui déterminera sa confiance en l'homme : « Il n'y a que mon semblable [...] qui puisse déclencher la poésie. » Une soif inextinguible de vie, une « convoitise infinie », le désir d'ouvrir « d'insatiables randonnées », entraînent à la fois la multiplicité de ses expériences et leur intensité, aussi bien dans l'ordre des engagements littéraires et politiques que dans les rencontres amoureuses. Toute son existence est placée sous le signe de la fraternité et des échanges amicaux qu'il nourrit d'une générosité qui va de pair avec son exigence. Avec la volonté d'être toujours « du bond » et non « du festin », de se jeter « irrésistiblement » « en avant », d'une nature « prompt[e] à s'éprendre comme à se blesser », il a mené une vie constamment en équilibre, aimantée par un sens hellénique du tragique. Dans ses dernières années, la folie qui l'avait tant fait s'interroger sur des destins d'artistes (Hölderlin, Artaud, Van Gogh .) et qu'il avait éprouvée à travers celle de Julia, sa soeur aînée, le menace ; la lucidité qu'il a toujours revendiquée aggrave la douleur d'une « vie [alors] serrée entre les barreaux de plusieurs malheurs ».
 
René char - là où brûle la poésie

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Danièle Leclair

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