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Un assemblage unique de transcriptions de l'époque romantique, et une vitrine exceptionnelle du talent d'un pianiste azerbaïdjanais au toucher limpide et à l'intelligence remarquable au clavier. Centenaire de sa mort en 1921, Camille Saint-Saëns est encore, pour certains, considéré comme un musicien d'une virtuosité prodigieuse, mais au talent mineur. Pourtant, ses aînés, ses contemporains et ses élèves le reconnaissaient comme un innovateur, un mélodiste de génie et un technicien d'une rigueur extrême, tant dans l'art que dans la composition. Pour Berlioz, le seul défaut du jeune prodige Saint-Saëns était son érudition. Ravel, quant à lui, affirmait avoir tout appris de l'orchestration grâce à des partitions comme le Deuxième Concerto pour piano. Parmi les cinq concertos pour piano du compositeur, le Deuxième s'est depuis longtemps imposé comme le plus populaire grâce à une progression stylistique unique et séduisante, que l'on pourrait résumer « de Bach à Offenbach ». Il s'ouvre sur une cadence monumentale et une réponse orchestrale à la manière d'un prélude pour orgue bachien, et s'achève sur une tarentelle exaltante. Trois ans après sa composition en 1868, une version pour piano solo fut réalisée par nul autre que Georges Bizet, contemporain éphémère de Saint-Saëns. Cet arrangement fut adopté avec enthousiasme par le compositeur, et il éclaire d'un jour nouveau la nature essentiellement pianistique de son inspiration (après tout, Saint-Saëns pouvait jouer toutes les sonates de Beethoven de mémoire dès l'âge de neuf ans). Cette transcription fascinante, bien que rarement jouée, est complétée par « Mon coeur s'ouvre à ta voix », la déclaration d'amour chantée par Dalila dans la grande épopée biblique relatant la chute de Samson, dans une version pour piano solo réalisée par le musicologue russe Boris Borodine. Tchaïkovski, un autre des plus grands admirateurs du compositeur, a inspiré à Maria Stembolskaya deux fantaisies pour piano tirées de son oeuvre scénique la plus célèbre, Eugène Onéguine : une transcription libre de la Polonaise du troisième acte par Liszt et une paraphrase spectaculaire des thèmes principaux de l'opéra par l'un de ses élèves les plus talentueux, Paul Pabst. Le jeu de Maria Stembolskaya confère à ces transcriptions une ampleur et une magnificence dignes des originaux. L'intensité de ses interprétations et la variété de ses nuances sonores donnent au piano une dimension orchestrale à part entière.