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Un premier CD impressionnant pour une jeune pianiste charismatique passionnée par Schumann. C'est lors d'un récital d'Enrico Pace, en entendant les Novellettes de Schumann, que Costanza Principe, alors âgée de 16 ans, décida de se consacrer au piano. Elle étudiait l'instrument depuis l'âge de six ans et jouait en public depuis sept ans, mais ce sont ces pièces de Schumann, encore méconnues, qui l'ont orientée vers un parcours qui l'a menée à obtenir ses diplômes aux conservatoires de Milan et de Londres, et à un premier récital au Wigmore Hall en 2016. La présence de Schumann sur son premier CD est presque inévitable - et pas n'importe quel Schumann : pas un répertoire classique comme Carnaval, Papillons et Arabesques, mais des pièces beaucoup moins connues qui mettent à l'épreuve les réflexes expressifs des interprètes les plus passionnés. Négligée depuis sa composition par Schumann durant son séjour mouvementé à Vienne (1838-1839), loin de Clara mais profondément attaché à elle, la collection Scherzo, Gigue, Romanze und Fughette op. 32 ne fut curieusement jamais jouée en intégralité du vivant du compositeur. Écrites en 1839, les Trois Romances op. 28 connurent également une genèse difficile : offertes comme cadeau de Noël à Clara - les deux étaient alors fiancés -, elles ne lui valurent cependant pas une telle valeur qu'il ne les lui dédia pas. Pourtant, sous l'interprétation sensible de Costanza Principe, ces pièces s'animent et s'épanouissent, révélant la voix si particulière, passionnée et vulnérable, du compositeur. Elle interprète également des oeuvres situées aux antipodes de la carrière de Schumann : l'Allegro op. 8, un morceau tumultueux, véritable démonstration de virtuosité pianistique à la Beethoven, alors que le compositeur n'avait que 21 ans ; et le poignant recueil de Gesänge der Frühe Op. 133, composé cinq mois avant sa tentative de suicide et son internement à l'asile d'Endenich. « Des chants de l'aube », les appelait Clara, « très originaux comme toujours, mais difficiles à comprendre, leur tonalité est si étrange. » Empreints d'une mélancolie désabusée, comme cela peut paraître rétrospectivement, mais avec des décennies d'écriture pour piano distillées en une nouvelle simplicité de style.