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Une autre grande première discographique de Sorabji, un enregistrement incontournable pour les pianistes virtuoses. La Toccata seconda pour piano (1933-34) appartient à une décennie extraordinairement féconde dans la vie créative de Sorabji, marquée par la composition d'une série d'oeuvres colossales, de l'Opus Clavicembalisticum aux Variations Symphoniques et à la Symphonie Tantrik pour piano seul. D'une durée « seulement » de deux heures et demie, la Toccata est d'une ampleur plus modeste que ces oeuvres, mais reste une composition d'une ambition considérable, qui a dû attendre une nouvelle génération d'interprètes de Sorabji - l'Espagnol Abel Sanchez-Aguilera en tête - pour être présentée à un public plus large que le cercle restreint des admirateurs de Sorabji. Reflet, tant par son titre que par son style, de l'amour indéfectible du compositeur pour Bach, la Toccata seconda se compose de neuf mouvements puisant leur inspiration dans plusieurs genres baroques : non seulement la toccata elle-même, mais aussi le prélude de choral, la passacaille, la fugue, les fantaisies libres et des sections rapides dans le style du mouvement perpétuel, entrelacés avec les mouvements lents si caractéristiques de Sorabji - en l'occurrence, un nocturne « tropical » et un air polyphonique. De fait, la Toccata constitue une admirable synthèse du style de Sorabji, condensée dans un format relativement compact. L'alternance équilibrée de mouvements contrastés d'une durée modérée, la variété des atmosphères et des formes, l'accent mis sur la mélodie et le lyrisme, la transparence des textures malgré les grandes difficultés pianistiques, rendent cette oeuvre particulièrement accessible à l'auditeur et en font une excellente introduction aux oeuvres de grande envergure de Sorabji. Biochimiste de renom devenu pianiste, Abel Sanchez-Aguilera a interprété l'intégrale des sonates de Scriabine, la première espagnole de la Toccata seconda de Sorabji et la première représentation de cette oeuvre au Royaume-Uni depuis sa création en 1936. Cet album rejoint l'enregistrement récent par Jonathan Powell de la monumentale Sequentia Cyclica (PCL10206) et celui de Lukas Huisman dans le Nocturne symphonique (PCLD0119) comme contributions importantes à la discographie de Sorabji chez Piano Classics.