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AVEC STRAVAGANTE PENSIERO, RINALDO ALESSANDRINI ET SES SOLISTES VOCAUX DU CONCERTO ITALIANO REVIENT AU GENRE DU MADRIGAL, À TRAVERS UN VASTE PANORAMA DE LA NAPLES MUSICALE AU DÉBUT DU XVIIe SIÈCLE. UNE FOULE DE MUSICIENS ÉPOUSE ALORS UN NOUVEAU LANGAGE, RÉVOLUTIONNAIRE, HYPER-EXPRESSIF, THÉÂTRAL ET FIÉVREUX. ENIVRANT.
Au sein de la discographie du CONCERTO ITALIANO, fêtée pour ses explorations madrigalesques - fait d'armes le plus conséquent, l'intégrale des Madrigaux de Monteverdi, commencée en 1993, achevée en 2021, assemblée au sein d'un coffret de 9 CD (OP7547) - un nom demeure étrangement absent : CARLO GESUALDO, effleuré en 2000 dans O dolorosa gioia (Opus 111, OPS 30-238). Avec Stravagante pensiero, RINALDO ALESSANDRINI n'ira point plus loin ; dans ce nouveau chapitre documentant le genre du madrigal, le musicien romain reprend simplement du maître de Venosa le fascinant Asciugate i begl'occhi (Livre V), et les cinq voix de ce nouvel enregistrement en subliment les glissements harmoniques.
RINALDO ALESSANDRINI préfère replacer GESUALDO dans un environnement plus complet, duquel jaillit toute l'incroyable diversité de la réflexion sur l'esthétique musicale en vigueur dans l'Italie du début du XVIIe siècle. GESUALDO ne fut pas un révolutionnaire isolé, il évolua dans un paysage intellectuellement bouillonnant, qui eut à coeur de réinventer. D'ascendance noble, le compositeur devient à Naples le chef de file d'un langage où l'émotion bouleverse, écrase. GESUALDO prône des harmonies dramatiques et surprenantes, et un contrepoint extravagant et pyrotechnique. Les contrastes exacerbés produisent des oeuvres très fiévreuses, empreintes d'une déchirante théâtralité. Une foule de compositeurs, chacun à leur manière, adhérent à ce style que Monteverdi, à Mantoue, intitulera la seconda pratica, bouleversement majeur dans le paysage musical.
Stravagante pensiero retrace cette épopée miraculeuse, en forme de joyeuse équipée. Les vingt-deux madrigaux de ce programme, dus à vingt-et-un compositeurs différents, offrent une myriade d'arabesques aux enchevêtrements infinis, que RINALDO ALESSANDRINI et ses sept amis solistes rendent lumineuses, sauvages, et vertigineuses. Autant de fantasques pensées dont le tournoiement - délectez-vous d'Ecco o dolce, o gradita, de Luzzaschi ou Crudelissima donna de Vincenzo Macedonio ! - épouse un spectaculaire triomphe de l'harmonie et de l'invention.
CONCERTO ITALIANO
Rinaldo Alessandrini, direction
Monica Piccinini - Sonia Tedla, sopranos
Maria Chiara Gallo, mezzo-soprano
Andres Montilla, alto
Raffaele Giordani - Roberto Rilievi, ténors
Gabriele Lombardi, basse