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Depuis plus d'un demi-siècle, Wolfgang Rübsam n'a cessé d'apporter un éclairage nouveau sur la musique pour clavier de Bach, d'abord avec des intégrales du canon pour orgue chez Philips, puis chez Naxos. Ces dernières années, fort d'une expérience musicale et d'une compréhension de Bach enrichies par des décennies de pratique, il s'est tourné vers le répertoire pour clavecin et piano chez Brilliant Classics. Une série d'albums salués par la critique a révélé sous un jour nouveau Le Clavier bien tempéré, les Variations Goldberg, les Partitas et les Toccatas, grâce à l'interprétation par Rübsam de ces oeuvres au lautenwerk - un « luth-clavecin » au timbre et à la sonorité si particuliers que Bach lui-même connaissait bien. Rübsam revient aujourd'hui à l'orgue, avec de nouvelles transcriptions et enregistrements de deux Suites orchestrales et d'une Chaconne extraite de la Partita en ré mineur pour violon seul. Si la Chaconne a toujours attiré transcripteurs et arrangeurs depuis le XIXe siècle, fascinés par ses variations évolutives sur une basse obstinée qui accumulent une puissance émotionnelle inhabituelle, même chez Bach, les Suites orchestrales sont beaucoup moins souvent jouées hors de leur contexte original. Pourtant, on peut être certain que Bach lui-même aurait accueilli avec enthousiasme l'idée de Rübsam. Les Suites sont des recueils de danses, dont certaines n'étaient probablement pas destinées à devenir de la musique de divertissement de haut niveau pour les concerts du Café Zimmermann à Leipzig, et Bach a réutilisé certains de leurs mouvements comme sinfonias, voire comme choeurs, pour ses cantates d'église. Comme dans sa transcription assez libre de la Chaconne, Rübsam a pleinement exploité l'instrument à sa disposition, un magnifique orgue Casavant (1998) de l'église Saint-Louis à Saint Paul, dans le Minnesota. Le livret comprend une disposition complète pour orgue ainsi qu'un essai présentant les oeuvres et l'approche particulièrement originale de Rübsam. « Si le son du luth-clavecin met en évidence la dette de Bach envers la musique française pour luth, notamment dans le Premier Prélude, l'instrument clarifie cet hommage tandis que l'interprétation de Rübsam le transcende. » (Fanfare, novembre 2018, Le Clavier bien tempéré, 96750).