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Délaissant l'approche mêlant spoken word et paysages sonores infernaux au profit de structures plus classiques (couplet-refrain), voici Reigns en tant que groupe à part entière. Une approche vocale plus directe, moins masquée. Avec Rob Ellis (Marianne Faithfull, PJ Harvey, Swell) à la batterie - un musicien avec qui le duo a collaboré à maintes reprises ces trente dernières années, que ce soit au sein de Spleen, Christmas ou avec PJ Harvey - et Joe Thompson (Hey Colossus) à la basse (les membres de Reigns font eux-mêmes partie de Hey Colossus). Le sud-ouest de l'Angleterre, ce mystérieux foyer de villageois enclins à la création.
Les frères Farthing, Tim et Roo, ont également abandonné l'anonymat des pseudonymes « Operative A » et « Operative B » pour utiliser leurs véritables noms. L'album a été élaboré en quatuor, enregistré au studio Axe+Trap à Wells (Somerset), puis démonté et reconstruit. Une année de peaufinage. Une année passée à déconstruire la musique. Mais c'est toujours du Reigns. Une musique qui rampe, qui suinte. C'est toujours du Reigns. Ils ont beau évoquer une structure « couplet-refrain » traditionnelle, leur musique vous happe et vous entraîne irrésistiblement dans leur univers. Le duo s'affirme comme de véritables auteurs musicaux. C'est leur son ; ni les retouches ni les ajouts de musiciens ne semblent altérer cette atmosphère hantée.
Sur le plan des paroles, selon Tim : « Confrontés, comme nous le sommes tous, au déversement quotidien d'une stupidité et d'une malveillance insondables, les choses ont pris une autre tournure. Les chansons traitent (dans l'ordre) : des indignités de la pauvreté, de la résurgence du fascisme, des dangers et de la vanité d'une ambition démesurée, de l'hypocrisie des conversions religieuses de dernière minute, du deuil, des mythes liés à l'immigration et du suicide. Ce qui avait commencé comme une collection de chansons légères s'est transformé, involontairement, en un manifeste apocalyptique empreint de dégoût. »
Reigns raconte des histoires. Ils l'ont toujours fait. Depuis leurs débuts - lorsque le micro était descendu à plus d'un kilomètre sous terre - jusqu'à 'Dead Centre' en passant par 'House On The Causeway', le duo s'est toujours fait conteur. Des contes folk horrifiques, aussi réels que vous voulez bien le croire. Toute histoire naît d'une part de vérité. 'The Antigeist' reflète notre époque, une époque où leurs récits de terreur fictifs se sont mués en horreurs bien réelles. Pour les amateurs de : The For Carnation, The Human League, Scott Walker, « Blackstar » de Bowie, Tindersticks, Cornelius et John Foxx.