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Après deux travaux d'introspection indie folk, Real Seasons Make Reasons en
2001 et On The Bright Scale en 2004, avait suivi un étonnant exercice de style,
Mentors Menteurs en 2007 dans lequel Don Niño s'était attaqué à ses géants,
mais sous l'angle de la reprise fantasque. Il y faisait du «Kiss» de Prince une élégie
folk ou de «Porque Te Vas» une sorte de Mater Dolorosa aussi expérimentale
qu'indolente. On retrouve d'ailleurs sa relecture épique de «A Day In The Life» sur
une compilation EMI de reprises des Beatles aux côtés de celles de David Bowie
ou des Beach Boys. Un honneur. Quelques années après, en 2012, dans le jardin
sauvage de son esprit, des bribes de guitares, de claviers, des mantras en
boucles s'unissent, évoquant l'intranquilité paisible dont sont faits les rêves : In
The Backyard Of Your Mind est un disque lumineux et agité, paru chez inFiné.
Aujourd'hui il signe The Keyboard Songs, un recueil de morceaux composés aux
claviers, aux textures inédites, aussi aérien qu'intime.
Comment résumer en quelques paragraphes, le travail méticuleux de Nicolas
Laureau, qui a écrit, enregistré et remodelé sur une période de trois ans et demi,
les neuf chansons originales (et la reprise bonus Me and the Devil de Robert
Johnson) qui constituent The Keyboard Songs ?
C'est dans l'idée d'une transformation perpétuelle, que le chanteur et
compositeur a pris le temps de dompter ces dix titres et leur insuffler une vie, se
donnant la contrainte de les écrire au piano et de les produire essentiellement
avec des claviers. Le piano Pleyel souvent central, se laisse seconder par des
claviers analogiques vintages, le Logan String ou autre Korg preset qui oscillent
lentement. Par ailleurs, un album marquant - le solaire Pink Renaissance de
NLF3 - a vu le jour depuis l'enregistrement des maquettes de ces Keyboard
Songs et Nicolas a pris le temps de se consacrer à cette histoire en bande ainsi
qu'aux vingt ans de son label, Prohibited Records.