Structurée autour des thèmes centraux de la Trinité et de la divinisation, l’oeuvre de Grégoire de Nazianze (330-390) constitue un jalon incontournable dans l’histoire des dogmes. Pour ce Père de l’Église, Dieu n’est pas uniquement Créateur ; Il est aussi Rédempteur et fi n ultime de l’homme. Le Dieu-trinitaire vit, en ce sens, une histoire d’amour avec l’homme en vue de la divinisation de celui-ci.
Dans le sillage de certains Pères de la Tradition, l’approche du Nazianzène consiste en une inculturation dans laquelle l’importance de l’hellénisme n’occulte pas sa dimension paradoxale : il est à la fois don de Dieu et invention humaine.
Cet ouvrage analyse ce phénomène d’inculturation et met ainsi en lumière un processus fascinant de dialogue avec la rhétorique, la philosophie, la poésie et des religions antiques. Ayant pour source
première la Bible, ce dialogue fait d’accueil, de dépassement, de rupture et d’innovation démontre une conviction forte chez le Nazianzène : la Bible déploie toute sa richesse lorsqu’elle interagit avec les réalités culturelles d’un milieu, permettant une fécondation mutuelle où le message biblique prend corps et la culture est purifiée.
L’héritage de Grégoire ne se limite pas à son époque. Ses intuitions, ses réflexions et sa méthode off rent des outils précieux pour les défis actuels de la théologie de l’inculturation. Explorant des possibilités qu’ouvre l’oeuvre du Nazianzène, Élisé Alloko évalue à la fi n du livre, de manière critique, certains imaginaires culturels propres aux peuples de l’Afrique subsaharienne. Il propose des pistes pour un discernement
audacieux des forces et des limites de ces cultures à la lumière de la Bible.