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Compilation de rock, funk, disco et reggae tunisiens, 1977-1984 Compilation de Cheb Mimo · Shakshouka Records Dans les années qui ont suivi l''indépendance, la Tunisie a fait un pari audacieux : le tourisme. Les stations balnéaires ont fleuri le long de la côte, chacune rivalisant d''originalité et ayant besoin d''un groupe pour divertir ses clients. Toute une génération de musiciens a grandi sur les scènes de ces hôtels, partageant l''affiche avec James Brown, Claude François et le Mingus Dynasty. De cette effervescence est née une petite révolution. Du funk joué sur des instruments tunisiens. Du disco avec une touche de oud. Du reggae importé de l''île de Kerkennah. Une « troisième langue » que la presse ne savait pas vraiment comment appréhender. « Tunis Hotel Stereo » rassemble neuf de ces disques. La plupart ont été pressés en quantités infimes, vendus aux touristes comme souvenirs, censurés avant leur diffusion radio, ou discrètement gravés sur un 45 tours entre deux concerts dans les hôtels. Certains de ces artistes ont rempli l''amphithéâtre de Carthage. Certains ont dominé les hit-parades du Maghreb. La plupart attendent depuis quarante ans que leur musique soit à nouveau jouée. Cette compilation est le fruit d''années de travail : rassembler des souvenirs, dénicher des disques, rencontrer les artistes qui les ont créés et ceux qui ont dansé sur leurs rythmes. C''est la troisième sortie du label Shakshouka Records et la première compilation de musique tunisienne jamais réalisée par des Tunisiens, en Tunisie. FACE A Les mystérieux Les 4 Dés, qui ont transformé l''hymne national en pop psychédélique sur « Ya Tounes » - avant de quasiment disparaître. Peace Band, groupe de hard rock devenu hôtelier, enregistrant sous le nom d''Omnya au mythique club Topkapi d''Hammamet. Ridha Zalila, l''éternel caméléon, dans une rare version instrumentale de « Tiou Tiou Tiou ». Et « Noujoum » de Sadok Gharbi, extrait de son chef-d''oeuvre « Souar », saboté et presque perdu. FACE B Carthago, l''impossible big band qui a fusionné l''élite du jazz-rock tunisien avec les stars du divertissement touristique, avec le Dhikrayet original. Khaled Mellef, l''un des plus grands ovnis de sa génération, avec « Wait Till the Morning Dew », enregistré aux Pays-Bas. « Baba Bahri » du Marhaba Band, initialement pressé uniquement pour les clients de l''hôtel et devenu depuis un objet culte. « Dance » du Corniche Band, enregistré à Milan lors d''une escale technique sur un paquebot. Et Jomaa Bouzrara, le « Bob Marley du Maghreb », avec « Now That », extrait de son album phare « Sunset », sorti en 1983. Ce n''étaient pas des rebelles sans cause. C''étaient des musiciens qui comprenaient que modernité et tradition ne s''opposent pas - qu''un Tunisien pouvait jouer du funk tout en restant profondément, irrémédiablement tunisien. Ils puisaient leur inspiration dans toutes les directions et ont construit une oeuvre qui n''appartenait à aucun de ces mondes entièrement, et à tous à la fois. Cette compilation est un modeste hommage à leur mémoire. La musique fait le reste.