Un habitat fortifie de l'an mil- lac de paladru


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Entre 1860 et 1921, deux pionniers, Ernest Chantre (Muséum d’histoire naturelle, Lyon) et Hippolyte Müller (Musée dauphinois, Grenoble), effectuent les premiers sondages dans les principaux gisements archéologiques du lac de Paladru. Les conditions climatiques et techniques ne permettent pas de véritable fouille, et la plupart des sites, à l’exception des Grands Roseaux, à Paladru, restent intacts, ce qui a été une chance pour l’archéologie d’aujourd’hui, bien mieux armée du point de vue scientifique. Ce n’est qu’en 1972 que des recherches archéologiques systématiques sont entreprises pour sauver les sites de Charavines, menacés par des projets touristiques abandonnés depuis.
Le lac de Paladru s’allonge du nord au sud sur un peu moins de 6 km. Creusé dans les roches (molasses) de l’ère tertiaire par une langue du dernier glacier quaternaire de l’Isère (glaciation “de Würm”), il a été créé par le dépôt de moraines lors du retrait glaciaire, puis surcreusé par l’érosion de l’eau. Ses rivages, abrupts sur ses longs côtés, sont plats et marécageux à ses extrémités. Sa situation au pied des Préalpes, son altitude (497 m) et son ouverture aux vents froids du nord et humides de l’ouest donnent à son climat une certaine rudesse.
Ce lac possède une caractéristique commune à tous les lacs alpins : des fonds de limons calcaires déposés par les eaux de ruissellement. C’est sur les plages de cette “craie lacustre”, restées marécageuses malgré la baisse du niveau de l’eau lors de périodes sèches, qu’ont été construits les habitats, noyés ensuite lors du retour à des conditions climatiques humides. Cette particularité, qui a nécessité l’emploi de techniques de construction spécifiques, a assuré une conservation exceptionnelle des vestiges archéologiques, et favorisé l’enregistrement de données écologiques précieuses pour comprendre l’environnement passé.
 
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