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Cette importante évocation de Barbey d'Aurevilly est aussi la confession, le dévoilement d'un auteur d'aujourd'hui et de la formation de son goût en littérature. Taillandier fut un adolescent d'autrefois qui avoue avoir dans un matin d'hiver dévoré en douce
l'Ensorcelée
ouvert sur son manuel de physique. Cette scène date de 1970, Taillandier a quinze ans, il est en seconde, pourtant il semble échapper à son époque: "J'aime l'Empire parce qu'il est glorieux ; la Restauration parce qu'on y est romantique; "la Belle Epoque" parce qu'on est spirituel. J'aime toutes les époques, en somme sauf la mienne".
Voilà posée les prémisses d'un portrait en mirroir où l'œuvre et la vie des deux écrivains vont se répondre. Chacun ayant traversé son époque sans l'aimer totalement, mais en la comprenant au plus haut point.
François Taillandier se livre à une étude approfondie des relations de Barbey avec son temps, et tente de tirer pour nous, notre temps la morale littéraire qui s'impose. Barbey se bat et se débat avec ses contemporains et a tenté de traverser son siècle en restant fidèle à son amour de la littérature, ses engagements, sa dignité.
C'est à la lummière cette exigence et de l'admiration qu'elle lui suscite que Taillandier offre ici un portrait fougueux, moderne et engagé d'une sorte de double.