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A mon arrivée en Guadeloupe, Jocelyn Ménard y était déjà installé depuis quelques années, et reconnu dans le monde local du jazz. Il était venu de son Canada natal avec son saxophone et la ferme intention de s'immerger dans cette nouvelle terre d'adoption. Nous venions l'écouter à Autour de Minuit, au milieu des champs de canne à sucre, accompagné des frères d'Huy, Raymond Grego, Christian Amour...
Son premier projet, Guanada, donnait déjà le ton de cette rencontre entre jazz nord-américain et créole, issus d'une histoire commune de déportation et de mélanges culturels. Depuis, Jocelyn a multiplié les projets hybrides pour mieux s'imprégner de ces identités et en proposer des lectures innovantes. Danse, gwoka, jazz, contes et théâtre, il a exploré toutes ces voies, toujours avec respect et un plaisir évident.
'Vibes A Péyi' Là concrétise ce cheminement avec éclat et passion. Ici, Jocelyn ne cherche plus à fusionner les mondes : il les fait respirer ensemble, dans un même souffle, libre et lumineux. Autour de lui, Sonny Troupé à la batterie, et Klod Kiavué au ka et aux percussions, assurent l'ancrage dans la tradition, héritage vivant de Kimbòl et Gwakasonné, reliés par la basse solide de Régis Thérèse, qui avait fait ses armes avec Caraib II Jazz.
Jonathan Jurion, qui marie jazz et gwoka au plus haut niveau et souvent entendu auprès de Jowee Omicil, assure une partie des claviers. Il les partage avec Jean-Michel Lesdel, entre tradition caribéenne, musique classique et jazz. Enfin, Jocelyn a judicieusement invité Leedyah Barlagne, chanteuse trop rare à mon goût, pour poser sa voix chaude et éclatante sur ses compositions.
'Vibes A Péyi Là' est une fresque vivante, en reliefs et en couleurs, un voyage sincère en terre guadeloupéenne, où le gwoka dialogue avec le jazz et s'aventure parfois vers le zouk, toujours avec élégance. Je suis heureux et fier d'en être le témoin privilégié, aux côtés de ces musiciens que pour la plupart, j'ai la chance de connaître depuis longtemps.