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En son titre comme en ses douze concertos pour violon(s), L'estro armonico de Vivaldi porte l'imagination au pouvoir. Rinaldo Alessandrini et son Concerto Italiano, augmentés de claviéristes de haut vol, présentent l'intégralité du recueil ainsi que les six adaptations pour clavier(s) réalisées par Bach.
De cet opus 3 publié par Vivaldi en 1711 jaillissent les vertus d'une énergie poétique portée à son plus haut degré d'expressivité, incarnée dans des échanges subtils et virtuoses entre un orchestre de cordes et quatre, deux ou un violon(s) soliste(s). Les principes stylistiques développés dans chaque pièce sont totalement novateurs et inspirants pour l'époque, la virtuosité intense, le succès considérable, et rapidement hors des frontières de la Sérénissime. C'est ainsi que Bach, cadet de sept ans de Vivaldi et séduit par la dimension polyphonique de ces pièces " polysolistes ", en adapte plusieurs pour orgue et pour clavecin(s). Le plaisir de l'imagination se trouve démultiplié aujourd'hui par la démarche de Rinaldo Alessandrini, qui fait alterner dans un ordre personnel, créant un nouveau jeu d'échos, concertos d'origine et adaptations : ce nouvel enregistrement du Concerto Italiano magnifie autant Vivaldi que Bach - un amour manifesté et salué en de nombreuses occasions déjà - et fait aussi entendre, là où il pourrait n'être question que de violons, le jeu vivifiant des quatre clavecinistes italiens hors pairs Andrea Buccarella, Salvatore Carchiolo, Ignazio Schifani et Rinaldo Alessandrini, et de l'organiste Lorenzo Ghielmi. Enfin, ce double album permet aussi d'identifier quatre violonistes du Concerto Italiano particulièrement engagés, solistes ensemble ou à tour de rôle. On trouvera autant de souplesse et de légèreté aux cordes qu'aux claviers, de soin dans la définition des courbes, d'invention dans l'ornement. On se rendra compte également que l'on connaît L'estro armonico sans le savoir, tant certaines pages en sont célèbres dans leur format originel (RV 580, RV 565, RV 230) comme dans leur version pour clavecins (BWV 1065) ou orgue (BWV 596, BWV 593).