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Lorsqu'à la fin de l'année 1518, Fernando Cortés part de Cuba pour un voyage exploratoire au Mexique, il ne se doute pas de ce qu'il s'apprête à rencontrer : une civilisation entièrement différente de la sienne, où les relations sociales, les productions artistiques, les rites religieux, la conception même du monde s'opposent de façon spectaculaire aux schémas européens. Pour rendre compte de ce « choc de la conquête » les textes retrouvés alternent les points de vue : tantôt empruntés à des conquistadores compagnons de Cortés, ils sont également tirés des chroniques indiennes qui ont raconté l'arrivée des Espagnols et l'incompréhension qui en a résulté. Cette rencontre entre deux mondes a aussi été musicale, comme en témoigne le programme de ce concert qui fait entendre des oeuvres composées et jouées en Nouvelle Espagne au 16e siècle. Les Indiens, immédiatement fascinés par la musique des Espagnols, ont très rapidement été capables, à travers l'enseignement des franciscains, de chanter et jouer des instruments, puis pour certains d'entre eux, de composer de la musique vocale et instrumentale selon les règles de contrepoint qu'ils avaient apprises de leurs professeurs. D'autre part, ces rencontres musicales bénéficient du profond métissage culturel en oeuvre dans toute la Nouvelle Espagne aux 16e et 17e siècles : les textes des villancicos locaux font alterner le « nahuatl » (langue mexicaine ancienne), le portugais, l'espagnol "cultivé" avec le parler caractéristique des peuples d'Afrique. Par ailleurs, les galions apportent des rythmes provenant de toute la Méditerranée : Chaconas, Jotas, Morescas, Jacaras... qui s'incorporent sans complexes aux rythmes indigènes : Guarachas, Negrillas, Mestizos, Chacareras
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