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Né à Tananarive à Madagascar le 10 octobre 1913, Claude Simon est l’écrivain de La route des Flandres, roman qui obtient le prix de l’Express en 1960. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1985, il meurt à Paris le 6 juillet 2005, à l’âge de 91 ans.
en savoir plusLe père de Claude, Antoine Louis Eugène Simon, est militaire. Il est tué en 1914 près de Verdun, alors que son fils unique n’a pas encore soufflé sa première bougie. Claude Simon est élevé par sa mère à Perpignan et en 1919, celle-ci lui fait parcourir la France entière à la recherche de la tombe de son mari. Claude Simon a 12 ans quand sa mère meurt en 1925, des suites d’une longue maladie. Il est alors placé en tutelle chez un cousin éloigné, puis commence ses études secondaires en tant qu’interne au collège Stanislas, à Paris.
En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, l’écrivain est mobilisé pour aller au combat. Fait prisonnier par les Allemands en juin 1940, il s'évade de son camp et retourne à Perpignan. Alors qu’il est engagé dans la Résistance, il apprend qu’il va être dénoncé, et part pour Paris pour se mettre à l’abri.
Entre avril 1944 et la libération de Paris en août, l'appartement de Claude Simon est transformé en centre de renseignements de la Résistance.
Avant de s’adonner à l’écriture, Simon pratique la photographie et la peinture. Auteur inspiré notamment par Marcel Proust et William Faulkner, il ne commence à publier ses livres qu’après la Deuxième Guerre mondiale. Son œuvre s’inscrit dans le mouvement dit de Nouveau Roman, opposé à ceux du réalisme et du naturalisme. Parmi ses livres les plus connus, il y a Le Tricheur (1945), le premier à être publié, Le Vent (1957), L’Herbe (1958) et Le Palace (1962). Les années 1970 sont pour lui une grande période d’inspiration puisqu’il sort Orion aveugle en 1970, Les Corps conducteurs en 1971, Triptyque en 1973 et Leçon de choses en 1975. Certaines éditions font partie de la Bibliothèque de la Pléiade.
Paru en 1960, La route des Flandres est acclamée par la critique, par le public et ses pairs. Ce roman est sans doute le plus célèbre de l’écrivain, en France comme à l’étranger. L’intrigue tourne autour du capitaine de Reixach, abattu en mai 1940 par un parachutiste allemand. Le lecteur est gardé en haleine pendant que les autres personnages du livre cherchent à savoir ce qu’il s’est vraiment passé.
Claude Simon a reçu le prix Médicis en 1967 pour Histoire, son huitième roman paru aux Éditions de Minuit. C’est un collage d'évènements, en partie autobiographique, truffé d’images et de descriptions qui font appel à tous les sens. Certains disent que ses talents de peintre se font ressentir au travers des mots.
Son œuvre est tellement dense et inspirante que plusieurs intellectuels ont publié au sujet de son travail d’écriture. La première critique littéraire, datant de 1972, est signée par Marcel Séguier, romancier et essayiste franco-suisse. Mireille Calle-Gruber, professeur des universités à la Sorbonne-Nouvelle-Paris 3, a sorti 6 critiques littéraires consacrées à Simon entre 1993 et 2014 : Le Grand Temps, Essai sur l'œuvre de Claude Simon - Les Triptyques de Claude Simon ou L'art du montage - Claude Simon, L'Inlassable Réancrage du vécu - Claude Simon, Une vie à écrire et Claude Simon, Les Vies de l'archive.
Il existe une association dont le nom est ARCS (Archives Claude Simon). Son travail consiste à répertorier les archives liées à l’écrivain, mais aussi à assurer leur conservation et leur transmission. Le collectif forme aussi des jeunes chercheurs en sciences humaines et du patrimoine et soutient les recherches scientifiques portant sur le patrimoine littéraire et artistique du 20e siècle.
Jusque dans les années 1990, lorsqu’il n’écrit pas, Claude Simon donne des conférences ou des « causeries », comme il aimait les appeler, dans le monde entier. En 1961, à la Sorbonne, son séminaire est intitulé Signification, roman et chronologie. En 1975, après avoir pris la parole à New Delhi, il donne une conférence sur Proust à l’université d’Oslo. Il reçoit le prix Nobel de littérature 10 ans plus tard.
En 2012, 7 ans après sa mort, paraît Quatre conférences. Les textes, établis et annotés par Patrick Longuet à partir de dactylogrammes, sont des réécritures de conférences sur les sujets tels que : la recherche du temps perdu, la mémoire, la poésie et l’écriture. Claude Simon était détenteur du titre doctorat honoris causa dans 3 facultés : l’université d’East Anglia et l'université de Kingston en Angleterre, ainsi que l'université de Bologne en Italie.