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Écrivain, dramaturge et peintre français d'origine chinoise, Gao Xingjian est né le 4 janvier 1940 à Ganzhou. Il est l’auteur de Le Livre d'un homme seul et lauréat du Prix Nobel de littérature en 2000.
en savoir plusGao Xingjian grandit dans une Chine marquée par les conflits avec le Japon qui dureront jusqu’en 1945. Après avoir obtenu son diplôme de français à l'Institut des langues étrangères de Pékin en 1962, Xingjian travaille comme interprète et traducteur. Il commence ensuite à écrire des pièces de théâtre et des essais. S’ils sont bien reçus par le public chinois, ses ouvrages sont vite censurés par le gouvernement.
En 1986, pour ne pas être poursuivi, Gao Xingjian prend la fuite pendant une année entière. Il se rend dans la province du Sichuan et rejoint la Mer de Chine orientale par le fleuve Yang Tsé Kiang. Finalement, en 1987, il quitte la Chine et s’installe à Paris. La France lui accorde l’asile politique l’année suivante. Après la mort de Mao en 1976, il avait déjà pu voyager et découvrir l’Europe.
Pendant ses études, Gao Xingjian lit notamment les livres de Nathalie Sarraute. Il aime son minimalisme, la façon qu’elle a de pénétrer au cœur des choses et son souci du détail. Il s’inspire d’ailleurs d’elle dans son travail d’écrivain.
Dans sa jeunesse, il traduit en mandarin des auteurs comme Jacques Prévert et Henri Michaux. Ceux-ci lui font découvrir la beauté de la littérature occidentale contemporaine. Son souhait est de partager ses découvertes avec ses compatriotes. Le gouvernement chinois associe d’ailleurs l’œuvre de Xingjian à la littérature française.
Outre ses talents d’écriture, Gao Xingjian est un peintre reconnu et apprécié mondialement. Jusqu’en 1978, il travaille avec de la peinture à l’huile. Depuis cette date, il utilise exclusivement de l’encre de Chine. Ses peintures sont souvent utilisées pour illustrer la couverture de ses livres.
Très apprécié pour ses créations graphiques contemporaines, il est régulièrement invité dans de nombreux pays pour exposer son art. Il se souvient de sa première visite en France, de sa découverte du Louvre à Paris et du musée Picasso à Nice. Sa première exposition à Pékin se tient en 1985 avec le sculpteur Yin Guanzong, mais de manière non officielle.
Gao Xingjian est un touche-à-tout, il est animé par de multiples formats littéraires, à commencer par le roman. En 1981, il expose ses théories sur la littérature dans un essai : Premier essai sur l’art du roman moderne. Cela provoque un grand débat sur le modernisme et le réalisme en Chine.
Il rédige en chinois et ses deux premiers livres, Hanye de xingchen (Étoiles dans la nuit glacée), sorti en 1979 et You zhi hezi jiao Hongchun (Une colombe appelée Lèvres Rouges) paru en 1981, ne sont pas traduits en français. Par la suite, la traduction de La Montagne de l'âme est présentée en 1995 et celle de Le Livre d'un homme seul, largement autobiographique, en 2000.
Sa première nouvelle, Une canne à pêche pour mon grand-père sort en 1997. Côté poésie, il est l’auteur de L'Errance de l'oiseau (2003), écrite en français, et d’Esprit errant pensée méditative (2016). Lorsqu’il reçoit le Prix Nobel de littérature en 2000, les autorités chinoises ignorent la récompense suédoise. L'ambassadeur de Chine l’a néanmoins félicité pour son œuvre « écrite en chinois par un Français ».
Gao Xingjian a aussi écrit de nombreuses pièces de théâtre, dont certaines ont pu être jouées à Pékin. C'est notamment le cas de L'Arrêt de bus (1983), une satire de la société pékinoise contemporaine qui fait toutefois polémique, ou encore de Signal d'alarme (1982). Dans La Fuite (1989), il revient sur la tragédie de Tiananmen. En français, on lui doit notamment Au bord de la vie (1993), Le Somnambule (1995) et Ballade nocturne (2010). Ses pièces sont jouées partout.
L’œuvre littéraire de Gao Xingjian est qualifiée d’universelle. Elle est marquée d’une amère prise de conscience et d’une ingéniosité langagière qui ouvrent des voies nouvelles à l’art du roman et du théâtre chinois.
En 2019, l’artiste expose ses peintures, mais aussi ses livres, films, photos et dessins au domaine de Chaumont-sur-Loire. À travers ce grand déballage, il lance un « Appel pour une nouvelle Renaissance ». Il prône un retour au sens du beau qui selon lui est un sens profondément humain. Il veut réveiller les consciences grâce à la culture et milite pour un retour à une création artistique sans frontières avec pour finalité une communion parfaite des cœurs et des esprits.