Jean de la Fontaine

Présentation

Présentation

Jean de La Fontaine est un poète français né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry. Sa renommée s'est faite principalement grâce à son œuvre marquante « Les Fables de La Fontaine », considérée à ce jour encore comme un des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature française.

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La jeunesse de Jean de La Fontaine

La famille La Fontaine

Jean de La Fontaine est le fils de Charles de La Fontaine et Françoise Pidoux. Il est également le frère cadet de Claude et le demi-frère d'Anne de Jouy, une jeune fille née d'une première union de sa mère.

La famille de Jean de La Fontaine exerce dans le métier de marchand-drapier.

A leur mariage, ses parents investissent dans le Château-Thierry, un magnifique hôtel particulier. Jean de La Fontaine gardera cette demeure jusqu'en 1676, puis elle fera partie des monuments historiques en 1887, abritant même un musée à son effigie.

Une orientation dans le Droit

Il existe peu d'informations sur la jeunesse et la formation de Jean de La Fontaine. L'auteur a vraisemblablement étudié au collège de sa ville, où il a appris le latin.

Jean de La Fontaine est placé à l'Oratoire en 1641, mais peu enclin à suivre cette destinée imposée par ses parents, il se redirige vers le Droit. Durant ces années, Jean de La Fontaine côtoie « les chevaliers de la table ronde », un cercle de jeunes poètes. Très tourné vers la lecture, notamment les récits de Rabelais ou d'Honoré d'Urfé, la poésie reste sa passion première.

Jean de La Fontaine continue ses études de droit et obtient son diplôme d'avocat en 1649.

Un mariage forcé

En 1647, le père de Jean de La Fontaine lui présente sa future épouse, Marie Héricart, qu'il épousera le 10 novembre, alors que la jeune femme est âgée de 14 ans. Ensemble, ils auront un fils, Charles, que La Fontaine confie rapidement à son parrain, le chanoine Maucroix, afin de se consacrer entièrement à l'écriture de poèmes.

Rapidement, Jean de La Fontaine délaisse son épouse pour des parisiens influents et des libertines.

Jean de La Fontaine : les débuts de l'écriture

Naissance de l'écriture : du théâtre à la poésie

En 1654, Jean de La Fontaine publie sa première comédie en 5 actes intitulée « L'Eunuque », qui ne remportera pas le succès escompté.

A partir de 1658, Jean de La Fontaine entre au service de Fouquet, le surintendant des finances, et commence à s'investir de façon conséquente dans l'écriture. Il rédige plusieurs poèmes demandés dans son contrat, dont le poème « Adonis ».

Fouquet est arrêté par le roi Louis XIV. Jean de La Fontaine, fidèle, continue d'écrire pour lui et défend sa cause, avec des poèmes comme « L'Ode au Roi » ou « L'élégie aux nymphes de Vaux ».

Une réécriture de conte originale qui le propulse

A partir de 1664, Jean de La Fontaine exerce son talent auprès de la duchesse de Bouillon et de la duchesse douairière d'Orléans et devient gentilhomme.

Jean de La Fontaine se fait remarquer dans le monde de la littérature française grâce à son premier conte « Joconde », tiré de « L'Arioste ». Une réécriture qui fait parler, puisqu'elle s'oppose à la traduction, plus fidèle à l'originale, qu'avait proposé Bouillon.

Dès lors, La Fontaine enchaîne les écrits et se fait rapidement un nom. Il publie deux recueils des « Contes et nouvelles en vers » en 1665 et 1666 constitués de canevas licencieux. « Les fables choisies et mises en vers », destinées au Dauphin, paraissent en 1668.

Puis, Jean de La Fontaine tente un nouveau genre, le roman, avec « Les Amours de Psyché et de Cupidon ». La narration suscite l'intérêt avec sa forme particulière, à savoir un mélange entre prose, vers, récit et dialogues. Ce parti pris inédit pour l'époque, fait de Jean de La Fontaine un auteur original rapidement reconnu pour son audace.

En 1674, Jean de La Fontaine se lance dans un nouveau style : l'opéra.

En 1678 et 1679, Jean de La Fontaine publie de nouveau un recueil de « Fables choisies et mises en vers », dédié à Madame de Montespan, la maîtresse du Roi. Ces fables constituent aujourd'hui les livres VII à XI du recueil.

De l'Académie aux derniers écrits

A partir de 1680, les écrits de Jean de La Fontaine deviennent moins nombreux.

Après de nombreuses difficultés, à cause de ses textes parfois non conventionnels, Jean de La Fontaine est reçu à l'Académie Française le 2 mai 1684. S'en suivront de nombreux scandales en lien avec le poète incompris, notamment après la lecture du poème de Charles Perrault « Le siècle de Louis le Grand », qui déclenche la querelle des Anciens et des Modernes. Jean de La Fontaine se ralliera du côté des Anciens avec son écrit « Mon imitation n'est point un esclavage ».

Entre 1689 et 1692, l'auteur classique publie une série de fables, rassemblées dans un recueil qui constitue aujourd'hui le livre XII.

A la fin de l'année 1692, La Fontaine tombe malade, sûrement de la tuberculose, et fait appel à l'abbé Pouget qui le fera travailler sur ses pêchés et ses écrits en contradiction avec les idéaux de l'Eglise. Par la suite, Jean de La Fontaine promet de n'écrire que des ouvrages pieux.

Jean de La Fontaine meurt le 13 avril 1695.

Les « Fables de La Fontaine »

Le recueil : histoire et composition

Les « Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine », qu'on appelle communément « Fables de La Fontaine » ont été publiées entre 1668 et 1694.

Les « Fables de La Fontaine » se scindent en trois recueils distincts : les livres I à VI, destinés aux enfants puisqu'écrits initialement pour le Dauphin qui n'a que 6 ans, les livres VII à XI, pour un public plus adulte, et le livre XII, dédié au duc de Bourgogne.

A eux seuls, ces 3 ouvrages regroupent 243 fables, dont la plupart son inspirées d'Esope, Phèdre et Babrius. Ils mettent souvent en scène des animaux personnalisés, et contiennent toujours une morale à des fins didactiques.

Parmi les fables les plus connues et étudiées à l'école, nous pourrons citer « Le corbeau et le renard », « La cigale et la fourmi », « Le loup et l'agneau », « Le lion et le rat » ou encore « Le lièvre et la tortue ».

Style littéraire et thématiques récurrentes

Dans les « Fables de La Fontaine », Jean de La Fontaine utilise des vers irréguliers, qui tendent à se rapprocher de la prose. La rime est présente, mais le nombre de syllabes varie, une liberté peu conventionnelle dans les poèmes du 17ème siècle. Certaines fables suivent tout de même une logique en alexandrin, comme « Le Vieillard et ses enfants ».

La plupart des fables se composent d'un dialogue entre plusieurs personnages telle une conversation de salon. Cet aspect rend les récits plus dynamiques et plaisants. Jean de La Fontaine use de l'ironie et accuse subtilement son lecteur, souvent issu de la haute société. La morale n'en est donc que plus forte.

Jean de La Fontaine utilise régulièrement l'emploi de la 1ère personne du singulier, tout en restant à sa place d'observateur. Par ce biais, il se permet d'exprimer ses opinions de façon indirecte.

Sachant que la plupart des personnages présents dans les « Fables de La Fontaine » sont des animaux, Dieu ne fait pas autorité. Avec ses fables, Jean de La Fontaine s'inscrit comme un précurseur du classicisme, où la morale et la raison sont de mise pour devenir un « honnête homme ».

Parmi les thématiques récurrentes des fables, on retrouve la ruse, le comique, la vanité, la justice, l'illusion et la force, qui font que les conflits entre les plus forts et les plus faibles sont rarement avantageux pour le personnage le plus fragile. Cette violence sert notamment à dénoncer l'hypocrisie du monde qui entoure Jean de La Fontaine, mais aussi à instruire son lectorat de façon brutale mais efficace.