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Kenzaburo Oe est un écrivain japonais grandement influencé par les auteurs occidentaux de son époque. Né le 31 janvier 1935, dans un petit village de la province de Shikoku, il est le deuxième japonais à obtenir le Prix Nobel de littérature, en 1994.
en savoir plusEn 1963, la vie de l’écrivain est bouleversée lorsque son fils, prénommé Hikari, naît handicapé. Il présente une difformité crânienne. Suite à cet événement, il écrit deux livres. Le tout premier, Une affaire personnelle, n’est que le commencement d’une série d’ouvrages dans lesquels le personnage principal est le père d’un enfant handicapé mental. Une existence tranquille parle d’un adolescent épileptique qui compose de la musique classique et dans Une affaire personnelle, il est question d’un bébé né avec une excroissance rouge sur le crâne.
Kenzaburo Oe, auteur de la poésie Un chant du souvenir, est un défenseur du pacifisme et de la démocratie. En 2004, aux côtés d’autres intellectuels japonais comme Shuichi Kato, il fonde une association pour défendre la Constitution pacifique. Ses membres militent pour que le Japon ne remette pas en cause l’article 9 prévu dans la loi. Celui-ci, entré en vigueur en 1947, annonce que le Japon renonce à faire la guerre. Des années plus tard, en 1965, il écrit Notes de Hiroshima, un recueil d’essais sur les réalités et les pensées des victimes du désastre.
Il n’hésite pas non plus à prendre la plume pour couvrir la catastrophe nucléaire de Fukushima qui s’est produite en 2011. En 2012, il présente au Premier Ministre japonais une pétition de plus de 7 millions de signataires pour l'abandon de l'énergie nucléaire.
La littérature contemporaine occidentale a fortement influencé l’écriture de Kenzaburo Oe. Il commence à écrire alors qu’il est encore tout jeune. En 1957, à l’âge de 22 ans, il publie son premier livre, Un drôle de travail. Cette publication raconte le désarroi de la jeune génération japonaise et il en devient le porte-parole. L’année suivante, Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants est publié et en 1959, Quelque part ailleurs voit le jour.
En 1958 sort Gibier d'élevage, une nouvelle qui fera par la suite partie du recueil Dites-nous comment survivre à notre folie. Le Ramier et Tribu bêlante sortent la même année. En 1961 paraît Ainsi mourut l'adolescent politisé, dont l’histoire est inspirée de l'assassinat de Inejir? Asanuma par Otoya Yamaguchi.
Les essais de Kenzaburo Oe comprennent Notes d'Okinawa (1970) et L'Attitude des écrivains japonais face au danger nucléaire (1984). En 1994, après avoir reçu le prix Nobel de littérature, il déclare qu’il arrête d’écrire car son fils, devenu adulte, n’a plus besoin de ses œuvres pour le guider dans la vie. Trois nouvelles verront tout de même le jour à la suite de cette annonce : Une Famille en voie de guérison et Moi, d'un Japon ambigu en 1995, puis Adieu au nucléaire ! dans le recueil L'archipel des séismes : Ecrits du Japon après le 11 mars 2011.
Dès son plus jeune âge, Kenzaburo Oe s’intéresse aux cultures et aux littératures étrangères. Enfant, sa mère lui fait notamment découvrir Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain. Aussi, dans le village où il a grandi, la tradition voulait que les femmes racontent des histoires liées aux événements historiques du pays et aux légendes locales.
À 18 ans, il part étudier la littérature française à l’université de Tokyo et s'essaie à l'écriture. De nombreuses œuvres contemporaines occidentales le fascinent, particulièrement celles qui viennent de France et des États-Unis. Le jeune Kenzaburo Oe dévore les livres de François Rabelais et d’Albert Camus, et son mémoire de fin d’études est consacré à Jean-Paul Sartre. Une autre influence majeure de l’écrivain est Louis-Ferdinand Céline. Oe se reconnaît en lui et étudie ses ouvrages dans la version originale. Il s’intéresse aussi à Dante et à William Blake. En 2006, il déclare que Pierre Gascar, Thomas Mann et Günter Grass font partie des écrivains qu’il préfère, et en 1915 il qualifie le travail de Pascal Quignard d’admirable.
À 23 ans, pour sa nouvelle Gibier d'élevage, Kenzaburo Oe reçoit le prix Akutagawa, la plus haute récompense littéraire japonaise. En 1989, il est lauréat du prix Europalia pour l’ensemble de son œuvre. Enfin, en 1994, il obtient le prix Nobel de littérature et l’Ordre de la Culture. Il refuse ce dernier. Il est aussi le vainqueur d’autres récompenses littéraires japonaises : le Shinchosha Literary Prize en 1964, le Junichiro Tanizaki Prize en 1967, le Noma Literary Prize en 1973 et le Jiro Osaragi Prize en 1983.
En 2005, il est nommé Docteur Honoris Causa de l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales). En 2012, le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, lui remet l’ordre des Arts et des Lettres.