Le pari d’un son brut… rendu universel
Lorsque Nirvana enregistre Nevermind, le groupe vient de la scène grunge de Seattle, encore largement underground. Leur premier album (Bleach) est confidentiel, et rien ne laisse présager l’ampleur du succès à venir.
Le tournant se joue avec l’arrivée du producteur Butch Vig, qui va canaliser l’énergie du groupe. Son objectif est simple : conserver la rage du punk tout en rendant les morceaux plus lisibles et mémorables.
Kurt Cobain assume d’ailleurs vouloir écrire des chansons aussi efficaces que celles des Beatles… mais avec l’intensité du punk.
Un exemple emblématique : Smells Like Teen Spirit. Le riff d’ouverture, aujourd’hui mythique, est construit pour être immédiatement identifiable. Mais ce qui fait la différence, c’est le contraste entre les couplets calmes et les explosions du refrain. Une dynamique qui deviendra la signature du grunge.
À sa sortie, l’album dépasse toutes les attentes. Il délogera même Michael Jackson des classements, symbole fort d’un changement de génération musicale.