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Tandis que la division Buffalo, stationnée en Toscane, prépare une grande offensive, quatre soldats s'égarent dans les montagnes alors qu'ils tentaient de ramener au camp Angelo, un petit Italien blessé. Il y a là Stamps, le lieutenant qui rêve d'une Amérique progressiste, Bishop, le prédicateur retors, Hector, le Portoricain qui refuse de prendre parti entre Noirs et Blancs, et Train, le " géant en chocolat " qui se promène avec une tête de statue florentine dont il est persuadé qu'elle le rend invisible, et qui voue à Angelo, son protégé, un respect plein d'une sollicitude inquiète depuis que celui-ci lui a touché les cheveux - " Un ange, c'est un ange ! " Personne jusque-là n'avait jamais manifesté au grand Noir une quelconque attention.
Affamée, la petite troupe finit par rejoindre un village situé derrière les lignes ennemies. Sa présence dérange beaucoup Ludovico, qui cache dans sa cave des lapins qu'il ne voudrait surtout pas avoir à partager. Mais difficile de résister aux injonctions de sa magnifique fille, Renata, séduite par Stamps, et D'Ettora, la belle et vieille sorcière, qui a tout à voir avec la multiplication miraculeuse des lapins et semble attendre que leur présence dénonce l'égoïsme du vieux fasciste.
À des kilomètres de là, la division américaine n'apporte à ses hommes aucun secours. Stamps et les autres acceptent alors d'aider Pepi, un résistant fameux auquel la légende semble prêter des pouvoirs surnaturels. Il s'agit de retrouver le traître qui a dénoncé des partisans aux Allemands. De leur village et de ses habitants, il ne reste que des cendres. Le désir de revanche conduit Pepi ; la survie, les quatre soldats ; et le petit Angelo, que l'horreur du massacre perpétré par les nazis a rendu muet, garde son secret - le nom du coupable - pour s'accrocher à l'affection protectrice de Train.
Adapté par le subversif et talentueux réalisateur américain Spike Lee (Malcom X, La Vingt-Cinquième Heure...), Miracle à Santa Anna sera projeté, dès le 22 octobre, dans près de trois cents salles en France.
L'acteur John Turturro, figure emblématique du cinéma indépendant américain (magistral dans Barton Fink, des frères Cohen), et grand habitué des films de Spike Lee, sera du casting. Une belle occasion de (re)découvrir l'oeuvre de James McBride.
1944. La division Buffalo, la seule de tout le contingent américain à être exclusivement composée de Noirs, prépare une grande offensive en Toscane. Quatre soldats s'égarent alors qu'ils tentaient de sauver Angelo, un petit Italien blessé que le spectacle d'un massacre a rendu muet.
Dans la campagne toscane, en cet hiver 1944, un géant noir en chocolat portant une tête de statue qui le rend invisible sauve un ange du massacre... C'est tout le miracle du roman de McBride que d'oser mêler la magie, le merveilleux à un récit de guerre fondé sur des faits réels.
Une magnifique rencontre qui rend hommage à des oubliés de l'Histoire... James McBride, également musicien, a composé un livre à plusieurs voix d'un lyrisme vibrant d'humanité.
Les quinze mille soldats noirs de la division Buffalo - la " poubelle ", pour leurs commandants blancs - et les Toscans méprisés par quiconque traversait leur région avaient beaucoup en commun ; chair à canon pour les uns, décimés par les représailles nazies pour les autres. Miracle à Santa Anna retrace leur rencontre et, en dépit de leurs différences culturelles, la naissance d'une amitié où la bonne humeur et la musique noires furent pour beaucoup. Tissant subtilement les points de vue, les rêveries des différents personnages, James McBride nous plonge dans la chair de l'Histoire : des hommes et des femmes, des Italiens, des Noirs et un SS, des résistants et des fascistes qui, à travers l'épreuve de la guerre, miraculeusement, se rencontrent et, pour certains, accèdent à la rédemption. Pour autant, McBride évite tout manichéisme : le SS est un homme honorable, les Noirs américains sont opprimés mais loin d'être sans défauts, le fasciste italien est un père tendre... et tous sont victimes.