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À la fin du mois d’octobre 1870, les Parisiens, assiégés
depuis un mois par les armées allemandes, apprennent
avec enthousiasme une surprenante nouvelle : quelques
jours plus tôt, la petite ville de Châteaudun a opposé une
résistance acharnée à de puissantes troupes prussiennes.
Des gardes nationaux, des francs-tireurs, des pompiers et
des habitants ont lutté toute une journée, à un contre dix,
faisant des centaines de victimes parmi les assaillants,
avant de céder devant leur nombre et leurs canons, laissant
alors la cité beauceronne livrée aux terribles représailles de
l’ennemi.
C’est cette page de l’Histoire, ce moment de bravoure et
de résistance collectives, que nous narre Édouard Ledeuil,
l’un des acteurs de la bataille, l’un des francs-tireurs de
Paris-Châteaudun.
« Un père et ses deux fils, tous habitants de la ville, se battaient
en blouse à la barricade de la rue de Chartres.
Un e jeune f il le de seize ans, Lauren tine Proust, allant de la
barricade de la rue Saint-François à la barricade de l a rue
L o y se au et à celle de la route de Cloyes, émerveillait n o s
francs-tireurs, à qui elle portait de l’eau et des cartouches, par
des chemins couverts de nos morts.
À la barricade de la rue Loyseau, dans la rue
de Chartres, aux cavées, tout le monde enfin
se signalait, se décuplait.
C’était grand ! c’était beau !
Cela dura deux heures, qui coûtèrent
1 000 hommes aux Prussiens. »