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Les deux sermons et le panégyrique que Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) a consacrés à la pauvreté éclairent puissamment les temps présents, où le culte de l’enrichissement personnel est universellement célébré et où partout progressent la misère et les inégalités économiques.
Dans ces trois textes, mis pour la première fois en regard dans le présent volume, celui que l’on surnommait « l’Aigle de Meaux » prévient les riches, « qui s’imaginent que tout leur est dû et qui foulent aux pieds les pauvres », que leur « insatiable désir d’amasser » les condamne à être « toujours avides, toujours affamés dans la profusion et dans l’excès même ». Ils ne peuvent échapper à ce destin et s’assurer une place légitime au sein de la société qu’en se mettant au service des pauvres.
Dans l’essai qui introduit la lecture de ces textes, Alain Supiot retrace le destin contrasté du « renversement de l’ordre du monde » ainsi prêché par Bossuet. Qu’elle soit posée en termes religieux, philosophiques, scientifiques ou politiques, la question d’une juste répartition des richesses n’a cessé d’agiter les sociétés, depuis les aspirations révolutionnaires des XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à l’actuel renversement de l’État social par des régimes ploutocratiques.