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L'histoire de la médecine est, à bien des égards, une histoire de la vie. C'est l'histoire d'un refus de la fatalité qui fixe un terme à chaque être vivant et qui génère cette ancestrale horreur du spectacle de la mort qui saisit tous les animaux tant soit peu conscients.
Dès l'aube de l'humanité, les hommes ont levé les yeux vers le ciel, invoqué les esprits ou prié les dieux pour se protéger. Presque aussitôt, pourtant, devant la fièvre ou la douleur, ils ont cherché à soulager par leurs propres moyens les souffrances de leurs proches. L'apparition de la médecine, c'est le refus du mal : l'animal le subit, l'homme a toujours voulu l'affronter.
Lorsque l'histoire commence à nous laisser des témoignages interprétables, l'humanité est déjà très vieille.
Une certaine médecine existe déjà, ou du moins un désir de guérir et quelques recettes, quelques usages, fragilement transmis dans la horde puis le clan, de génération en génération. Certains individus devaient être plus doués que d'autres, plus curieux, plus soucieux aussi de soulager leurs proches : ce furent, à leur façon, les premiers médecins. Dans la médecine, chaque civilisation va projeter ses espoirs, ses craintes, ses aveuglements et parfois ses fulgurantes intuitions.
Vers 3500 avant notre ère, lorsque naquit l'histoire, entre l'Asie Mineure et les rives du Nil, la médecine put s'élancer. Nous la suivrons pas à pas, dès son premier essor. Il se révèle alors une certaine cohérence, une continuité subtile, comme une sorte de fil rouge ténu tout au long de l'histoire de la médecine en Occident.
À travers les progrès parfois chaotiques de l'art de guérir et ses longues stagnations, grâce à ses praticiens brillants comme à ses docteurs obscurs, avec leurs convictions et leurs angoisses, avec leur passion aussi, c'est finalement toute une aventure qui s'offre à notre regard.
C'est sur les traces de cette aventure intellectuelle et humaine que nous allons entraîner le lecteur.