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S'il y a une ville où l'histoire judiciaire a été et est particulièrement riche, c'est bien Marseille. Il suffit de citer des noms, des affaires sans aucun commentaire superflu pour faire travailler notre mémoire, ressusciter l'imaginaire collectif. Qu'on en juge : le vol des bijoux de la Bégum, l'affaire Dominici, la French Connection, Mémé Guérini, l'affaire Ranucci, Francis le Belge, Jacky Imbert dit le Mat, Roberto Succo, l'assassinat de Yann Piat, la mort du juge Michel, la tuerie du bar du Téléphone... Sait-on encore que c'est ici qu'un certain Marcantoni - l'affaire Markovic - prit goût aux braquages après avoir tâté du fusil-mitrailleur dans les rangs de la résistance ? Se souvient-on que c'est ici qu'Alexandre Ier fut assassiné ? Sait-on que c'est ici qu'a été exécuté le dernier condamné à mort de France ? Sait-on que c'est à Marseille que l'inspecteur Canonge, de la police judiciaire, a inventé le fichier qui porte son nom et à qui nombre de malfaiteurs doivent leur arrestation ?
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Très agréable à lire, cette anthologie de la police judiciaire de Marseille nous replonge dans le passé de la ville à l'heure de la création des brigades mobiles par Clemenceau, les "brigades du tigre". L'histoire de cette police judiciaire, outre ses spécificités liées à la nature même de Marseille et des magouilles politiques qui semblent être née avec le XX siècle, démontre à quel point la vision du vieux Tigre quant à une police moderne était pertinente d'efficacité. Et ce n'est pas notre ministre de l'intérieur qui dira le contraire, sa récente réforme visant justement à renvoyer la police judiciaire au XIX siècle, sous la coupe de préfets et du département, et donc sans réelle indépendance ni pouvoir. CQFD