J'ai besoin d'air, c'est pour ça que je fume

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descriptif du fournisseur
Elizabeth vient d'une famille parfaite. Enfin, à première vue... car dans une famille catholique et aristocrate, on ne parle pas d'inceste. Même quand on l'a vécu. Dans ce milieu où la loyauté prime, dire c’est trahir. Elizabeth entreprend alors une traversée initiatique, un chemin de justice et de consolation, transformant l’isolement destructeur en renaissance créatrice. Les noms sont changés, mais tout est vrai. « Je commence par rassembler les pièces du dossier judiciaire, éparpillées au sein de ma famille. Je ressors mes nombreux écrits, journaux intimes, cahiers de brouillon, feuilles volantes. La littérature regorge d’enragés, nous dit Boris Cyrulnik, je me sens de ceux-là avec la bonne éducation en trop. » L’écriture est une longue épreuve, semée de doutes, de trous noirs, de chocs, de prises de consciences, de traumatismes encore, et comme nouveaux. Mais c’est une belle épreuve, aussi. Celle de l’intelligence de l’inintelligible, de « ramener du verbe », de la conscience dans l’innommable, de l’amour dans l’abject, de l’espérance dans l’irréparable. Après des années de travail, au rythme d’une mémoire blessée, Clémence de Vimal nous livre un seul en scène à plus de quinze personnages. Sa compagnie, « Ramène ton verbe », lui permet, ultime affranchissement du tabou, de l’incarner, sur les planches, de tout son être, de tout son corps, de toute sa (miraculeuse) lumière. Clémence de Vimal n’a soif que de comprendre, d’échanger, d’avancer. De ne pas s’abîmer de haine. Et surtout, surtout, de se sauver. Ce que personne jamais n’aura pu lui voler : sa vertigineuse faculté d’aimer. L’inviolable pureté de son rire, et de son espérance. On rit aussi, on pleure, à la lire comme à la voir en scène. On souffre sa souffrance, on rit son rire. À force de comprendre (et de ne pas comprendre) ce qui se noue dans cette pièce, voilà que tout à coup, on se comprend soi-même. C’est notre enfance qui, au travers de la sienne, nous regarde. Ce sont nos douleurs à nous qu’elle crie, ce sont nos larmes qu’elle pleure, quand farouchement, quand généreusement, elle nous livre les siennes. Et c’est en nos ténèbres que brille son espérance.
 
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