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Cent huit poèmes, sept ensembles, un seul mouvement.
Il arrive un moment où l'on cesse d'écrire malgré la vie pour écrire depuis elle. Ce recueil est né de ce basculement. Vingt années à extraire, trente à défaire, et le temps venu de rassembler.
Le Seuil est le lieu de ces pages. Ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors. Ce pas de porte où la lumière et l'ombre, l'amour et la solitude, la foi et le doute tiennent ensemble sans se contredire. Chaque poème en franchit un.
Les Seuils ouvrent par le feu, l'éther et ce néant qui est la condition de toute plénitude. Le Verbe interroge ce que devient un poète dans un monde ayant perdu l'usage du silence. Les Flammes nomment l'amour tel qu'on le connaît après une vie entière, traversé d'ombres, capable de la plus grande joie comme de la plus grande douleur. Les Racines s'adressent à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui nous accompagnent. L'Intérieur descend dans les états de l'âme et n'en simplifie aucun. La Terre et le Ciel habitent le monde, des paysages les plus précis aux espaces sans mesure du dedans. L'Insoumis referme l'oeuvre avec les textes qui regardent nos sociétés en face.
Ces poèmes sont doubles. Il y a la lecture entière, et il y a le sens caché, plus brut, gravé dans le coeur de la pierre. Un mot fendu, une lettre déplacée, un accord qui n'est pas celui qu'on attendait. Rien n'est expliqué. Tout se laisse trouver.
Les vers sont entourés de blanc, et ce blanc n'est ni un oubli ni un manque, mais une invitation. Venez vous asseoir à côté de ces mots. Posez votre voix dans les marges, par le dessin, par l'écriture, ou simplement par le silence attentif de celui qui regarde.
Lisez dans l'ordre ou dans le désordre. Entrez par le poème qui vous appelle. Revenez souvent à ceux qui vous auront touché, ils ne vous diront pas deux fois la même chose, parce que vous ne serez pas deux fois le même lecteur.
Cent huit portes. Aucune n'est obligatoire. Chacune ouvre sur quelque chose, et peut-être qu'en les franchissant vous trouverez, comme d'autres avant vous cherchaient leur pierre, non pas quelque chose d'extérieur à vous, mais quelque chose de plus pleinement vous.